Mort de George Floyd : la force utilisée était "injustifiée", assène un vétéran de la police au procès

Richard Zimmerman, policier depuis près de 30 ans, dont 25 ans à Minneapolis, où est mort George Floyd, était appelé à témoigner au cinquième jour de ce procès hors norme.

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Richard Zimmerman, un policier chevronné de Minneapolis, témoigne au procès de l'agent Derek Chauvin, jugé pour la mort de l'Afro-Américain George Floyd, le 2 avril 2021 au tribunal de Minneapolis (Minesotta). (AP / SIPA)

Il est le policier le plus expérimenté de Minneapolis. Richard Zimmerman, policier depuis près de 30 ans, dont 25 dans la grande ville du nord des Etats-Unis, a livré vendredi 2 avril un témoignage accablant au procès de l'agent Derek Chauvin. Appelé à témoigner au cinquième jour de ce procès hors norme, il a jugé "absolument pas nécessaire" la force "mortelle" utilisée pour maîtriser George Floyd.

Derek Chauvin, un agent blanc de 45 ans, s'est agenouillé sur le cou de George Floyd et a maintenu sa pression même une fois l'Afro-Américain évanoui, pour un total de plus de neuf minutes, indifférent aux supplications de passants affolés.

Inculpé pour meurtre, il plaide non coupable, et assure avoir respecté une pratique autorisée dans le cadre de sa formation pour maîtriser un suspect récalcitrant et potentiellement dangereux.

"Je ne vois pas pourquoi les agents se sont sentis en danger"

Lors d'un échange avec le procureur Matthew Frank, Richard Zimmerman a porté d'une voix calme un coup fatal à cette ligne de défense : "Le mettre à plat ventre avec un genou sur le cou pendant aussi longtemps était simplement injustifié." "Je ne vois pas pourquoi les agents se sont sentis en danger", seule raison qui aurait pu, selon lui, expliquer une telle mesure. En effet, une fois un suspect menotté, "le risque d'être blessé diminue fortement", a-t-il souligné.

L'avocat de Derek Chauvin, Eric Nelson, a ensuite tenté d'affaiblir la portée de son témoignage en soulignant qu'il ne faisait plus de terrain et que les formations pouvaient avoir changé depuis ses études. Sans ciller, Richard Zimmerman a rétorqué que maintenir quelqu'un à plat ventre avait toujours été dangereux. "Cela n'a pas changé."

Son témoignage conclut une semaine éprouvante pour les jurés, qui ont été confrontés à des témoins du drame toujours bouleversés et à une avalanche de vidéos choc.  Le procès, qui reprendra lundi, doit se poursuivre deux ou trois semaines et les jurés devraient rendre leur verdict vers la fin avril ou début mai.

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