''Le CIO devrait entrer dans l'ère du progressisme'' : des athlètes américains et britanniques demandent davantage de liberté d'expression

Ces sportifs exigent l'abolition de la règle 50 de la charte olympique qui interdit aux athlètes de manifester leurs opinions politiques, religieuses ou raciales pendant les Jeux olympiques.

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Le logo des anneaux olympiques à l'entrée du siège du Comité international olympique à Lausanne. (FABRICE COFFRINI / AFP)

Davantage de liberté d'expression lors des Jeux olympiques ? C'est ce que demandent au Comité international olympique (CIO) des athlètes américains et britanniques. Parmi eux, John Carlos, sprinteur exclu des Jeux olympiques de Mexico en 1968, pour avoir levé le point contre la ségrégation raciale sur le podium du 200 mètres. Ces sportifs exigent l'abolition de la règle 50 de la charte olympique. Celle-ci interdit aux athlètes de manifester leurs opinions politiques, religieuses ou raciales pendant les Jeux.

La règle serait une atteinte à la liberté d'expression

Cet élan vient des États-Unis, après la mort de George Floyd, dans un contexte brûlant de protestations contre les violences raciales. Les athlètes estiment que cette règle est une atteinte à leur liberté d'expression. Pour Patrick Clastres, professeur à l'université de Lausanne, cette demande est légitime puisqu'il n'est pas question ici de politique partisane mais de droits fondamentaux. ''Le CIO devrait entrer dans l'ère du progressisme, explique-t-il c'est une institution très conservatrice qui a besoin de se rénover profondément. Et elle doit envoyer un signal à l'ensemble des athlètes, mais aussi à l'ensemble des opinions publiques dans le monde.''

Le sport est un bel espace pour faire des démonstrations de fraternité et faire progresser la cause des êtres humains dans le monde.

Patrick Clastres

à franceinfo

Mais le CIO ne l'entend pas de cette oreille. L'ancien champion olympique, Guy Drut, membre du comité international olympique, plaide pour le statu quo : ''Quand on participe aux Jeux olympiques, plaide-t-il, cela veut dire qu'on est contre le racisme, qu'on est contre toute discrimination. Parce que le problème, si on autorise toute manifestation, [c'est qu'] il y aura toujours des excès.''

Les athlètes peuvent faire ce qu'ils veulent en dehors du stade. À l'intérieur du stade et du village olympique, il faut respecter certains codes.

Guy Drut

à franceinfo

Cette doctrine n'est pas celle de la Fifa : la Fédération internationale de football a, elle, accepté que les sportifs manifestent sur le terrain contre le racisme.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.