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Le jour où Lauren Bacall risqua sa carrière

Lauren Bacall, la star hollywoodienne décédée le 12 août 2014, fut une actrice courageuse. En 1947, alors que les Etats-Unis étaient en plein délire contre leur ennemi du jour, le communisme, elle décida, avec son mari Humphrey Bogart de soutenir les «dix d'Hollywood» mis en cause par la commission sur les «activités anti-américaines».
Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
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Lauren Bacall, Humphrey Bogart, avec d'autres acteurs, devant la commission des activités  anti-américaines, défendent les acteurs ou scénaristes mis en cause par le maccarthysme

	 
. (KOBAL / THE PICTURE DESK)
L'actrice devint célèbre dès son premier film. Un film tourné pendant la guerre, mettant en scène la France vichyste, «Le Port de l'Angoisse», tiré d'un scénario d'Hémingway et réalisé par Howard Hawks. C'est sur ce tournage qu'elle rencontra, celui qui deviendra son mari, Humphrey Bogart.

A cette époque, Hollywood s'était mobilisé contre le nazisme. Beaucoup de scénaristes et d'acteurs s'étaient engagés dans des films militants, allant jusqu'à vanter l'engagement de l'URSS et des communistes dans la guerre contre l'Allemagne (Mission to Moscow, L'Étoile du Nord et Song of Russia). 

La guerre finie, les Américains versèrent dans un délire anti-communiste. Dès 1946, le président Truman définit ce qui devait être la lutte contre la puissance soviétique. En même temps aux Etats-Unis, la commission temporaire (qui deviendra très vite permanente) chargée de traquer les activités «anti-américaines» (HUAC)  se lança dans la chasse à tout ce qui pouvait ressembler de près ou de loin à des communistes. Une chasse qui toucha Hollywood. Ce n'est que dans les années cinquante que le sénateur Joseph McCarthy symbolisa cette commission.

En 1947, la commission tient neuf jours d'audiences sur la présence d'une supposée influence et propagande communistes dans l'industrie cinématographique d'Hollywood. Dix producteurs, auteurs et/ou réalisateurs ont été condamnés pour avoir refusé de répondre aux questions de la commission et ont été inscrits sur une liste noire. On les appela les «Dix d'Hollywood». Finalement, ce sont plus de 300 artistes qui ont été boycottés par les studios. Certains, à l'image de Charlie Chaplin, quittent les États-Unis. D'autres écrivent sous des pseudonymes ou sous le nom de collègues. Seulement un sur dix environ réussira ultérieurement à se reconstruire une carrière dans l'industrie du divertissement.



En septembre 1947, le «comité pour le Premier amendement»  est fondé par le scénariste Philip Dunne, l'actrice Myrna Loy et les réalisateurs John Huston et William Wyler. Il compte dans ses rangs d'autres stars comme Humphrey Bogart, Lauren Bacall, Henry Fonda, Bette Davis, Gene Kelly, John Garfield, Edward G. Robinson, Judy Garland, Vincente Minnelli, Katharine Hepburn, Billy Wilder, Sterling Hayden, Groucho Marx ou Frank Sinatra.  Le Premier amendement est invoqué par ceux qui refusent de répondre aux questions de la Commission des activités anti américaines. Ce texte garantit dans la constitution des Etats Unis la liberté de la presse ou la liberté d'expression.
 
Le 27 Octobre 1947, le groupe s'est rendu à Washington aux audiences de l'HUAC pour protester contre cette chasse aux sorcières.

Lauren Bacall, née à New York, dans une famille juive venue d'Europe centrale, resta toujours attachée à ses idées, soutenant tour à tour Roosevelt, puis Kennedy. «Non pour une histoire de personnes ou d'idéaux. Mais à cause de tous ces affairistes (les copains de Bush), du Texas et de son relent de pétrole, du lobby des armes à feu et de toutes ces entreprises anti-immigrants, de ces gens drapés dans la bannière étoilée comme si l'Amérique était un pays peuplé d'ariens chrétiens et que les immigrants n'avaient rien fait !», rapporte le Nouvel-Obs.

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