Etats-Unis : après avoir accouché seule dans une prison de Denver, une détenue porte plainte contre les autorités

Diana Sanchez a donné naissance toute seule à son fils, en juillet 2018, malgré ses appels à l'aide aux surveillants et infirmiers de la prison.

La prison du comté de Denver, à Denver (Colorado), le 16 mars 2016.
La prison du comté de Denver, à Denver (Colorado), le 16 mars 2016. (KATIE WOOD / DENVER POST / GETTY IMAGES)

Les images de vidéosurveillance montrent la douleur et la détresse de Diana Sanchez. Le 31 juillet 2018, cette détenue de la prison de Denver (Colorado, Etats-Unis) a accouché, seule dans sa cellule, d'un petit garçon, après plusieurs heures de travail. Un an plus tard, elle porte plainte contre la ville et le comté de Denver, les autorités de santé et six personnes. "Ce qui aurait dû être l'un des jours les plus heureux de sa vie a été une journée de terreur inutile, de douleur et d'humiliation", peut-on lire en introduction de sa plainte (pdf en anglais), enregistrée mercredi 28 août.

Diana Sanchez est enceinte de huit mois, quand elle arrive à la prison de Denver, le 14 juillet 2018. Elle est admise en détention provisoire, accusée d'usurpation d'identité. Quinze jours plus tard, vers 5 heures du matin, la jeune femme prévient le personnel pénintentiaire qu'elle s'apprête à accoucher, détaille la plainte. A "au moins huit reprises", elle informe des surveillants qu'elle ressent des contractions. Quand elle perd les eaux, une infirmière l'examine, lui donne une protection absorbante et la laisse seule.

Comme le montre encore la vidéo, diffusée notament par le Guardian (en anglais), Diana Sanchez accouche sur un lit étroit, à quelques pas d'une cuvette de toilette sale, sans aucune assistance, malgré ses appels à l'aide aux surveillants de la prison. Une fois l'enfant né, un infirmier vient le chercher. la détenue et son bébé ne sont transportés à l'hôpital que 30 minutes plus tard.

L'enquête menée par le bureau du shérif assure que les surveillants ont "respecté les procédures en vigueur".  "Si Denver pense que c'est une assistance médicale appropriée et qu'ils n'ont rien fait de mal, le problème est plus grave que ce que j'imagine", rétorque Mari Newman, l'avocate de Diana Sanchez à CBS News