VIDEO. Enceinte connectée : un espion dans la maison ?

Elles ont fait leur entrée dans un quart des foyers américains : les enceintes connectées d'Apple, Google et Amazon débarquent peu à peu en France. Doit-on s'en méfier ?

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France 2

Entre 50 et 400 €, les enceintes intelligentes promettent d'obéir à la voix de leur utilisateur pour faire des achats automatiquement ou contrôler le thermostat d'une maison par exemple. Et toutes les marques s'y mettent. Les ventes explosent : déjà plus de 250 000 exemplaires ont été vendus en quatre mois. Mais existe-t-il un danger pour la vie privée des utilisateurs ?

Cet assistant numérique n'est-il pas un mouchard ? Pour le vérifier, nous avons utilisé une enceinte intelligente pendant quatre jours, durant lesquels nous lui avons livré des informations sur notre quotidien, de nos conversations téléphoniques à notre programme télé.

14% des foyers américains déjà équipés

Le constructeur conserve un enregistrement de toutes ces utilisations de l'appareil. Il connait notre rythme quotidien : ainsi, le 15 juin, le fabricant sait que nous avons quitté notre domicile à 9h10, pour y revenir vers 20 h. Notre vie privée est-elle compromise ?

Ces nouveaux produits inquiètent la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) : "Ils peuvent permettre d'accroître le profilage publicitaire ou d'augmenter encore le suivi commercial et l'intrusivité des propositions commerciales", analyse Geoffrey Delcroix. Des inquiétudes renforcées par plusieurs bugs aux États-Unis, comme un enregistrement à l'insu des utilisateurs, ou ce couple américain, dont la conversation à propos d'un futur plancher a été enregistrée puis diffusée à l'extérieur du domicile. Des erreurs qui n'ont pas empêché le succès : en quelques mois, 14% des foyers américains se sont déjà équipés de ces enceintes connectées.

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Des enceintes connectées Echo présentées par Amazon à Londres (Royaume-Uni), le 14 septembre 2016.
Des enceintes connectées Echo présentées par Amazon à Londres (Royaume-Uni), le 14 septembre 2016. (CHRISTOPH DERNBACH / DPA / AFP)