Aux Etats-Unis, l'enquête fédérale sur Ferguson pointe le racisme ordinaire de la police

La mort de Michael Brown en août dernier avait suscité des manifestations et des émeutes à Ferguson, dans le Missouri.

Des manifestants protestent contre les violences policières, le 19 janvier 2015 à Saint-Louis, dans le Missouri (Etats-Unis).
Des manifestants protestent contre les violences policières, le 19 janvier 2015 à Saint-Louis, dans le Missouri (Etats-Unis). (MICHAEL B. THOMAS / AFP)

L'enquête du ministère américain de la Justice, lancée après la mort d'un jeune Noir tué par un policier à Ferguson (Missouri), pointe du doigt le racisme ordinaire de la police locale, ciblant particulièrement la communauté noire, selon la presse américaine, mardi 3 mars.

Selon ce rapport qui doit être officiellement publié mercredi, la police de la ville s'est rendue coupable de violations régulières des droits constitutionnels des citoyens. Le ministère avait lancé une enquête distincte de l'enquête locale, la plaçant sur le terrain des droits civiques, après la mort le 9 août dernier de Michael Brown et les manifestations et émeutes qui avaient suivi. Darren Wilson, un policier blanc, avait tué ce jeune Noir de 18 ans qui n'était pas armé. Un grand jury avait décidé le 24 novembre de ne pas inculper le policier.

Une discrimination de "routine"

Selon ce rapport, la police de Ferguson mais aussi la justice de la ville étaient engagées dans une "routine" de discrimination contre la population noire locale, indiquent notamment CNN et le Washington Post (en anglais). Ainsi, de 2012 à 2014, alors que les Noirs représentent 67% de la population locale, 85% des voitures arrêtées par la police étaient conduites par des Noirs, 90% des personnes convoquées au tribunal et 93% des personnes arrêtées étaient noires. Dans 88% des interventions où la police de Ferguson a utilisé la force, c'était contre des Afro-Américains.

Le système judiciaire n'est pas épargné. De 2011 à 2013, les Noirs représentent 95% des inculpations pour infractions piétonnières et 92% pour troubles à la paix publique, selon des chiffres cités par le Washington Post.