Crise de 1929, crise des subprimes de 2008: d'où viennent les krachs?

24 octobre 1929, Wall Street connaît son jeudi noir. La chute des actions, achetées à crédit, provoque la ruine de milliers d’Américains, les banques font faillite. Le scénario se reproduira en 2008 : les subprimes, crédits immobiliers distribués aux plus pauvres, ne seront pas remboursés. Le crédit facile et l'endettement, censés maintenir la croissance, sont à l'origine des deux crises.

En octobre 1929, les centaines de milliers d’Américains ayant acheté des actions à crédit ne peuvent rembourser. Une vague de faillites bancaires et d’entreprises se propagent dans tout le pays. La production industrielle chute. Les usines ferment, le chômage explose.

En 1929, c'est pour spéculer en Bourse que l’on s'endette, en 2007, c'est pour entrer sur le marché immobilier.

En 2007-2008, les banques sont de même fragilisées par les défauts de remboursement liés au retournement du marché (immobilier cette fois). Les crédits à faibles taux (1% pour le principal taux directeur de la FED, la Réserve fédérale américaine en 2003) sont distribués massivement pour permettre de maintenir la consommation. Les riches multiplient les cartes bancaires, les pauvres, eux, sont encouragés à s’endetter pour faire tourner le bâtiment et l’immobilier. Très vite, ils ne pourront rembourser des prêts flexibles dont les intérêts sont repartis à la hausse. De 4.5% début 2007, le taux remonte rapidement à 6.5% en octobre, pour finir à 7.2% en décembre.

Crise des Subprimes
En février 2007, les premiers établissements bancaires, New Century et Bear Stearns, spécialisés dans l'immobilier font faillite. En septembre 2008 les géants américains du refinancement hypothécaire Freddie Mac et Fannie Mae frôlent la faillite.
Le 15 septembre 2008, Lehman Brothers, lâchée par le gouvernement américain, fait banqueroute. La quatrième plus grosse banque américaine est impliquée dans des milliards de dettes immobilières, de subprimes et de produits toxiques.

Comme en 1929, les dégâts ne se cantonnent pas aux États-Unis. Quand les banques américaines retirent leurs fonds investis en Europe, le vieux continent est à son tour touché.
En 2008, la crise des banques américaines se propage rapidement au reste du monde. Les subprimes ont été revendus aux banques européennes. Conséquence : les établissements européens Northern Rock, Dexia, Fortis sont immédiatement touchées. 

Manifestation contre la crise financière, devant la bourse de New York (septembre 2008)
Manifestation contre la crise financière, devant la bourse de New York (septembre 2008) (afp/ Nicholas Robert)

La dette à l'origine de la crise
L’économie de l'endettement est à la base des deux crises. Elle se nourrit du manque de consommation, et des inégalités sociales, affirmait déjà en 1935 l'ancien président de la FED Marriner Stoddard Eccles :«Si le revenu national avait été mieux réparti, si les entreprises avaient fait moins de profits, si les classes les plus aisées avaient eu moins de revenus, et si les ménages modestes en avaient davantage, notre économie aurait été plus stable». 

Le crédit facile distribué pour relancer la consommation, nourrit à son tour l’endettement et la spéculation. «En donnant comme actifs des valeurs fictives de biens qui n'étaient qu'artificielles. En 1929 c'étaient les titres boursiers, en 2008 c'est l'immobilier», affirmait à l'époque Jacques Attali dans le monde.fr.

Bulle des dettes publiques
En 2016, l’amoncellement de dettes publiques et privées est de nouveau alimenté par l’injection massive de liquidités (quasi-gratuites) par les banques centrales. Les taux d’intérêts parfois négatifs, destinés à maintenir la croissance, alimentent des niveaux de dette jamais atteint. En 2016, le service de la dette représente 430 milliards de dollars chaque année aux Etats-Unis. L’endettement du Japon s’élèverait à de 248% du PIB. 133% du PIB pour l’Italie. 98% pour la France. Une forte hausse des taux d’intérêts rendrait rapidement le remboursement de ces dettes presque impossible, déclenchant une nouvelle crise financière globale.