Assaut du Capitole : Donald Trump était "au centre" d'une "tentative de coup d'Etat", conclut une enquête parlementaire

Le 6 janvier 2021, les partisans de Donald Trump ont envahi le Capitole après avoir été encouragés par l'ancien président des Etats-Unis, battu par Joe Biden quelques semaines plus tôt.

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Les élus membres de la commission d'enquête parlementaire sur l'assaut du 6 janvier 2020, à Washington, le 9 juin 2022.  (AFP)

Un an et demi après l'attaque du Capitole par des partisans de Donald Trump, le 6 janvier 2021, une commission d'enquête parlementaire a rendu ses conclusions vendredi 10 juin. Selon ce groupe d'élus, constitué de sept démocrates et de deux républicains, l'assaut du siège du Parlement américain a été l'"apogée d'une tentative de coup d'Etat" visant à maintenir au pouvoir l'ex-président américain, tout juste battu à l'élection présidentielle par le démocrate Joe Biden.

"Donald Trump était au centre de ce complot", a déclaré le parlementaire démocrate Bennie Thompson, qui dirigeait cette commission d'enquête. "Notre démocratie est toujours en danger. Le complot visant à contrer la volonté du peuple n'est pas terminé", a-t-il alerté alors que des millions de partisans de Donald Trump restent convaincus que l'élection de 2020 aurait été entachée de fraudes, et ce malgré les innombrables preuves du contraire.

Pendant près d'un an, la commission a entendu plus de 1 000 témoins (dont deux enfants de l'ex-président) et épluché 140 000 documents pour faire la lumière sur les faits et gestes précis de Donald Trump avant, pendant et après l'assaut du Capitole. Ils ont conclu que les manifestants avaient bien envahi le siège du Congrès américain après "les encouragements" de Donald Trump. 

"Le président Trump a convoqué la foule, rassemblé la foule et allumé la mèche de cette attaque."

Liz Cheney,

élue du Wyoming à la Chambre des représentants

La fille de l'ancien vice-président Dick Cheney est l'une des rares élues républicaines ayant accepté de siéger dans cette commission.

Une Amérique toujours aussi divisée

Car la majorité des républicains rejettent la validité de cette enquête, à l'instar du chef des conservateurs à la Chambre des représentants, Kevin McCarthy, qui dénonce la commission "la plus politique et la moins légitime de l'histoire des Etats-Unis". Son parti a ainsi promis d'enterrer ses travaux s'il venait à prendre le contrôle de la chambre basse du Congrès lors des élections de mi-mandat en novembre. De même, dans une Amérique extrêmement polarisée, la restitution de ces travaux et l'audition des témoins convoqués en cette journée a été retransmise sur des chaînes d'informations, mais boudée par les plus conservatrices d'entre elles.

La première policière à avoir été blessée par les émeutiers lors de cet assaut qui a fait six morts, Caroline Edwards, a comparé les abords du Capitole à "une zone de guerre". "Je glissais sur le sang des gens", "c'était un carnage, c'était le chaos", a-t-elle confié, tandis que le documentariste Nick Quested, dont l'équipe suivait la milice d'extrême droite des "Proud Boys" pendant l'assaut, a lui confié avoir été choqué par la "colère" qu'il a vue parmi les membres du groupe.

Le principal intéressé, Donald Trump, a pour sa part une nouvelle fois fait l'éloge de cette journée. Quelques heures avant le début de la restitution des travaux de la commission, il a estimé que l'assaut du Capitole constituait "plus grand mouvement de l'histoire pour rendre à l'Amérique sa grandeur".

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