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Un vol en apesanteur, comment ça marche ?

Quarante passagers ont embarqué aujourd'hui à bord du premier vol commercial européen sans gravité. L'appareil a décollé de Bordeaux. Explications. 

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France Télévisions
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Quarante passagers ont fait leur baptême d'apesanteur, le 15 mars 2013, à bord de l'Airbus A300 Zéro-G. (MEHDI FEDOUACH / AFP)

Même pas besoin d'attendre le premier vol public pour l'espace. Quarante chanceux, encadrés par l'astronaute français Jean-François Clervoy, ont embarqué à bord de l'Airbus A300 Zéro-G (pour "zéro gravité") pour faire leur baptême d'apesanteur, vendredi 15 mars. Ce premier vol commercial européen a décollé en début d'après-midi de l'aéroport de Bordeaux-Mérignac (Gironde)

Comment ont été choisis les participants ?  

Les passagers qui ont pu prendre part à l'expérience ont acheté leur ticket en avril 2012, moyennant 6 000 euros. Une douzaine d'autres ont été invités par le Centre national d'études spatiales (CNES). Le prochain vol commercial de cet A300 Zéro-G, qui aura lieu le 23 juin au Bourget, affiche déjà complet. Mais des places vont être mises en vente le 28 mars pour un troisième vol. Il décollera en octobre de Bordeaux. 

Quelles sont les obligations à respecter ? 

Le vol en apesanteur peut se faire à tout âge, à condition d'être majeur. Il faut aussi avoir effectué une visite médicale, similaire à celles que passent les pilotes d'avions privés, à l'issue de laquelle un médecin vous déclare apte au vol. Selon Le Journal du dimanche, les troubles cardiaques constituent la principale contre-indication à ce vol en apesanteur.

Avant de s'envoler de Bordeaux, les quarante passagers de l'A300 ont aussi dû écouter des consignes de sécurité, comme celle d'éviter les déplacements brusques afin d'éviter les collisions avec les voisins ou la paroi de l'avion. Tous ont revêtu une combinaison de vol grise.

Comment l'avion parvient-il à créer un état d'apesanteur ? 

L'Airbus A300 a d'abord gagné une zone libre de trafic aérien et sans turbulences, au-dessus de l'Atlantique. Puis l'appareil a enchaîné des phases successives de montées vertigineuses et de descentes en piqué, assez impressionnantes, comme le montre cette vidéo.

Selon Le Figaro.fr, "les pilotes cabrent l'avion à 47° pour le faire grimper d'environ 2 400 mètres d'altitude avant de le faire redescendre, après un palier, à son altitude initiale". Ces "paraboles" permettent aux passagers de ne plus ressentir la gravité. "On évolue pas très loin des limites de l'avion, mais toujours avec des marges de sécurité", explique ainsi le commandant de bord du vol Zéro-G, Eric Delesalle.

Quelles sont les sensations ressenties ? 

Les passagers de ce premier vol ont suivi un programme de quinze paraboles, soit plus de cinq minutes d'apesanteur. Ils ont eu droit à une parabole de pesanteur martienne (0,38 g), deux paraboles de pesanteur lunaire (0,16 g), qui prodigue "la même sensation que d'être debout sur la Lune", et enfin douze paraboles d'apesanteur totale, toutes entrecoupées de pauses de quelques minutes. 

"On a l'impression que notre poids s'en va. Un peu comme on peut le sentir parfois dans l'eau, mais en parfait", a tenté d'expliquer un des passagers, au retour du vol. "C'est incroyable, exceptionnel, mais éprouvant physiquement", a commenté un autre participant, animateur à l'association Cap Sciences à Bordeaux.

David Basier et France 2 Bordeaux

Plusieurs d'entre eux ont souffert du mal des transports, "à des degrés divers", selon le chef instructeur Franck Lehot. Interrogé en décembre par le Le Journal du dimanche, il explique : "Les seules phases qui peuvent rendre malades sont les phases d'hypergravité, quand l'avion est cabré puis quand il sort de la parabole. Si vous remuez la tête, cela entraîne un conflit entre l'oreille interne et le cerveau. Sinon, cette apesanteur de courte durée n'a pas d'effets néfastes sur la santé comme à long terme : décalcification des os, fonte musculaire…"

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