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Un haut responsable militaire américain a jugé "regrettable", mardi à Singapour, la réaction de la Chine

Les Chinois reprochent au Pentagone d'avoir scellé la semaine dernière un contrat d'armement de plus de 6,4 milliards de dollars avec Taïwan, considérée par Pékin comme une province rebelle.En représailles, la Chine a suspendu ses échanges militaires avec les USA et annoncé des "sanctions appropriées envers les sociétés américaines impliquées".
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Taïwan 2006, exercice militaire. (AFP PHOTO/Sam YEH)

Les Chinois reprochent au Pentagone d'avoir scellé la semaine dernière un contrat d'armement de plus de 6,4 milliards de dollars avec Taïwan, considérée par Pékin comme une province rebelle.

En représailles, la Chine a suspendu ses échanges militaires avec les USA et annoncé des "sanctions appropriées envers les sociétés américaines impliquées".

Les Etats-Unis continueront à "assurer la capacité d'autodéfense de Taiwan", a déclaré lundi le secrétaire adjoint américain à la Défense pour l'Asie-Pacifique, Wallace Gregson, à l'occasion d'une visite à Tokyo. "Nous avons la ferme intention de respecter chacun de nos engagements là-bas et nous allons continuer à agir ainsi à l'avenir", a-t-il dit dans un discours.

"Nous avons une relation très complexe avec la Chine", a poursuivi Wallace Gregson. "Notre but est de maintenir des rapports cordiaux, chaleureux, une relation de coopération avec la Chine", a-t-il souligné, ajoutant: "Nous avons évidemment des points sur lesquels nous divergeons, nous essayons de les séparer de ceux sur lesquels nous pouvons travailler de façon productive"

La réaction immédiate de la Chine
Dès l'annonce américaine, faite vendredi 29 janvier, de ce contrat d'armement et face à une "ingérence grossière dans les affaires intérieures chinoises", Pékin a annoncé la suspension des échanges militaires avec les Etats-Unis et des "sanctions appropriées envers les compagnies américaines impliquées".

La Chine a en outre demandé à Washington d'annuler ce nouveau contrat, dans une protestation officielle urgente adressée à l'ambassadeur des Etats-Unis, Jon Huntsman, par le vice-ministre chinois des Affaires étrangères He Yafei, selon des responsables chinois. L'exécution de ce contrat "nuirait inévitablement aux relations entre la Chine et les Etats-Unis (...) entraînant des conséquences que les deux parties ne veulent pas", a averti le dirigeant.

Le ministère chinois des Affaires étrangères a également annoncé le gel des discussions à un haut niveau sur la sécurité et la mise en oeuvre des "sanctions appropriées envers les compagnies américaines impliquées dans les ventes d'armes à Taïwan".

Une zone de turbulence
Les fournitures d'armes à Taïwan par les Etats-Unis provoquent régulièrement la colère de la Chine. Taïwan objecte que 1.500 missiles chinois sont pointés sur son territoire et que le renforcement de l'arsenal chinois ne faiblit pas. Pékin avait interrompu ses relations militaires avec les Etats-Unis pendant plus d'un an après la précédente livraison d'armes américaines à Taïwan en octobre 2008.

Les Etats-Unis ont reconnu la Chine communiste en 1979, cessant du même coup de reconnaître Taïwan, mais une loi votée par le Congrès américain la même année a autorisé les Etats-Unis à vendre à cette île des armes défensives.

Les communistes chinois, qui ont chassé le gouvernement nationaliste du Kuomintang vers Taïwan en 1949, considèrent toujours l'île rebelle comme faisant partie de la Chine et menacent d'y intervenir militairement si elle proclame son indépendance.

Les relations diplomatiques sino-américaines sont entrées dans une zone de turbulences depuis la dénonciation par le géant américain de l'internet Google de cyberattaques massives venant de Chine et de la censure dans ce pays, qui ont poussé Washington à demander des explications à Pékin.

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