Un ambassadeur claque la porte contre "le racisme abject" du Quai d'Orsay

Zaïr Kédadouche a démissionné début avril, rapporte France Info, mardi 13 mai, car il se dit victime de discriminations au sein du ministère des Affaires étrangères.

L\'ancien ambassadeur de France en Andorre Zaïr Kédadouche et le président François Hollande, le 22 février 2013 au palais de l\'Elysée, à Paris.
L'ancien ambassadeur de France en Andorre Zaïr Kédadouche et le président François Hollande, le 22 février 2013 au palais de l'Elysée, à Paris. (MAXPPP)

"Le racisme le plus abject, je l'ai rencontré au Quai d'Orsay." Depuis le 1er avril, Zaïr Kédadouche n'est plus ambassadeur de France en Andorre. Il a claqué la porte, dans un courrier publié par France Info, mardi 13 mai.

Il accuse le Quai d'Orsay de "comportements racistes"

Pour étayer ses accusations, Zaïr Kédadouche explique que le ministère des Affaires étrangères a changé sa première affectation à Anvers (Belgique) à cause de son nom à consonance arabe, dit-il, pour ne pas froisser l'extrême droite flamande et la communauté juive locale.

Il regrette aussi que personne n'ait dénoncé les commentaires anonymes sur internet dont il était victime. Il a finalement porté plainte, dit-il, pour "comportements racistes et discriminations sociales de l'administration du Quai".

Un précédent courrier dénonçait déjà ces discriminations

Ce n'est pas la première fois que Zaïr Kédadouche fait part de ses critiques envers le ministère. En août 2013, déjà, il dénonçait les "discriminations feutrées subies dans les palais dorés du Quai d'Orsay", dans un courrier diffusé par Le Point.

En mai 2012, François Hollande avait nommé 32 ambassadeurs et, parmi ceux-là, Zaïr Kédadouche était justement le seul issu de l'immigration, selon une étude publiée début avril par le Conseil représentatif des associations noires (Cran) et Banlieues citoyennes, qui regrettaient le manque de diversité au sein du corps diplomatique.

Des accusations sans fondement, selon le ministère 

Lors de son point de presse quotidien, le porte-parole du ministère, Romain Nadal, a jugé "inacceptables" les attaques de l'ancien diplomate. "Les accusations graves de racisme et de discrimination portées par Monsieur Kédadouche à l'encontre du ministère n'ont aucun fondement et sont inacceptables. Les inspections et évaluations menées régulièrement ne les ont jamais étayées", a-t-il dit.

Selon lui, dans son dialogue régulier avec l'administration lors des diverses inspections, Zaïr Kedadouche n'a jamais fait état de ces discriminations. Selon Romain Nadal, l'ex-ambassadeur "a fait le choix de rejoindre son corps d'origine alors que d'autres affectations dans le réseau diplomatique lui étaient proposées".