Turquie : un pays sous la férule d'Erdogan

Le président turc Recep Tayyip Erdogan sera accueilli en France demain. Emmanuel Macron a promis d'évoquer avec lui la situation des journalistes emprisonnés. Mais les journalistes ne sont pas les seuls à connaitre les geôles turques : depuis le putsch manqué de l'été 2016, plus de 50 000 personnes ont été arrêtées.

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C'est une journée presque ordinaire à Istanbul (Turquie) : 9 heures, devant le tribunal, rassemblement de fonctionnaires limogés par le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan. Deux heures plus tard, au même endroit, manifestation de juristes suspendus de leurs fonctions. Tous font partie des 200 000 opposants arrêtés, ou renvoyés depuis le coup d'État manqué de 2016. Une purge massive qui continue. La Turquie peut-elle rester un interlocuteur pour la France ? Pour ce quotidien d'opposition dont plusieurs journalistes sont emprisonnés, Emmanuel Macron joue gros : "Ce sera un test pour Macron et pour l'Europe qui ne nous a pas soutenus pour l'instant", affirme Aydin Engin, éditorialiste au journal Cumhuriyet.

Un partenaire essentiel dans la lutte contre le terrorisme

Mais pourquoi reçoit-on le président turc ? Pour le journaliste Étienne Leenhardt, c'est "essentiellement par pragmatisme, quitte à s'asseoir sur un certain nombre de principes". Et d'ajouter : "La France a tout simplement besoin de la Turquie dans la lutte contre le terrorisme". La Turquie a délivré à la France ces derniers mois plusieurs dizaines de nos ressortissants, arrêtés à la frontière entre la Turquie et la Syrie. Autre dossier : celui des migrants qui tentent d'entrer en Europe.

Des centaines de milliers d'entre eux sont bloqués actuellement par les Turcs. En outre, la Turquie est un partenaire économique très important. L'année dernière, "année de toutes les répressions en Turquie, nos échanges commerciaux bilatéraux avec ce pays ont atteint un record historique", rappelle le journaliste. Le gouvernement français a réaffirmé aujourd'hui que des messages seraient passés au président turc au sujet des droits de l'Homme.

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Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, lors d\'une conférence de presse avec le Premier ministre grec Alexis Tsipras, le 7 décembre 2017 à Athènes (Grèce). 
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, lors d'une conférence de presse avec le Premier ministre grec Alexis Tsipras, le 7 décembre 2017 à Athènes (Grèce).  (MEHMET ALI OZCAN / ANADOLU AGENCY / AFP)