La Turquie sévèrement condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme pour la détention du journaliste Ahmet Altan

Cette figure de l'opposition est en prison pour "complicité avec un groupe terroriste". Pourtant, rien ne démontre son implication dans le putsch manqué de 2016, estiment les magistrats européens.

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Le journaliste turc Ahmet Altan lors de sa remise en liberté, le 4 novembre 2019 à Istanbul (Turquie). Il sera de nouveau arrêté huit jours plus tard. (BULENT KILIC / AFP)

La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a sévèrement condamné la Turquie, mardi 13 avril, où le célèbre journaliste et écrivain turc Ahmet Altan est emprisonné pour son implication présumée dans le putsch manqué de 2016. "Rien ne démontre que les actions du requérant se soient inscrites dans un plan destiné à renverser le gouvernement", soulignent dans un communiqué les magistrats européens, qui siègent à Strasbourg. Ces derniers ont constaté la violation des dispositions de la Convention européenne des droits de l'homme (PDF) sur la liberté d'expression, le "droit à la liberté et à la sûreté" et le "droit de faire statuer à bref délai par un tribunal sur la légalité de la détention".

Arrêté une première fois en septembre 2016, Ahmet Altan, 71 ans, avait été condamné à la prison à vie en février 2018 pour "tentative de renversement de l'ordre constitutionnel", mais ce jugement avait été annulé par la Cour de cassation. A l'issue d'un nouveau procès, il avait été condamné en novembre 2019 à 10 ans et demi de prison pour "complicité avec un groupe terroriste". La justice turque lui reproche d'être en lien avec le mouvement d'un prédicateur islamique, Fethullah Gülen, qu'Ankara accuse d'avoir ourdi la tentative de coup d'Etat de juillet 2016 – ce que Fethullah Gülen nie.

Ahmet Altan, qui a fondé le journal d'opposition Taraf, s'est notamment fait connaître en dehors de Turquie par son récit de sa vie en prison, Je ne reverrai plus le monde, publié en France aux éditions Actes Sud. Intellectuel respecté en Turquie, il a toujours nié toute implication dans la tentative de coup d'Etat, rejetant des accusations "grotesques". Il était notamment accusé d'avoir envoyé des "messages subliminaux" lors d'une émission à la veille du putsch manqué, un élément qui a ensuite disparu de l'acte d'accusation.

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