La stratégie ambiguë de la Turquie face aux islamistes

Après l'attentat de Suruç, Ankara a lancé une offensive contre les jihadistes du groupe Etat islamique mais aussi contre le PKK. Le décryptage de France 3.

France 3

La Turquie poursuit son offensive ce mercredi 29 juillet. Depuis l'attentat de Suruç, qui a fait 32 morts et qui est imputé au groupe Etat islamique, Ankara mène une vaste opération antiterroriste contre les jihadistes. Des dizaines d'islamistes ont été arrêtés sur le territoire et l'armée mène des frappes en Syrie.

C'est un virage à 180° pour un pays jugé complaisant jusqu'à présent avec l'EI. "On a aucune preuve formelle de l'implication réelle des Turcs aux côtés de l'EI. On a que des soupçons de complicité, l'idée d'une sorte de gentlemen-agreement", déclare à France 3 Dorothée Schmidt, spécialiste de la Turquie.

La Turquie se trompe-t-elle de cible ?

Dans le même temps, la Turquie s'attaque aussi au PKK, le parti indépendantiste kurde, avec lequel il y avait des négociations de paix. Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, les juge caduques. Kendal Nezan, président de l'Institut kurde de Paris, s'inquiète : "Ceux qui combattent sur le terrain les islamistes, ce sont les Kurdes. Si on se trompe de cible, on fait la guerre aux Kurdes, et cette guerre ne peut pas être gagnée. Ce ne sont pas les Américains et les Français qui vont se battre sur le terrain contre les islamistes".

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Une cérémonie organisée à Diyarbakir (Turquie) en hommage aux deux soldats turcs tués dans un attentat-suicide revendiqué par le PKK, le 26 juillet 2015. (DIYARBAKIR GOVERNORSHIP / ANADOLU AGENCY / AFP)