Mali : un civil tué par des soldats français lors d'un incident impliquant un bus

Un bus a fait l'objet de tirs de sommations dont l'un a ricoché sur le sol et traversé le pare-brise, explique l'armée française.

Un blindé de la force Barkhane, en mars 2019 au Mali.
Un blindé de la force Barkhane, en mars 2019 au Mali. (DAPHNE BENOIT / AFP)

Un civil malien a été tué et deux blessés par des militaires français de la force antijihadiste Barkhane, mardi 1er septembre, lors d'un incident impliquant un bus ayant refusé de ralentir malgré des sommations, selon un communiqué de l'état-major français.

A une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de Gao, dans le nord-est du pays, "un bus qui se dirigeait à vive allure en direction du convoi militaire [français] a fait l'objet de sommations verbales et gestuelles, puis d'un premier tir de sommation, alors que la menace de véhicules suicides est élevée", détaille l'état-major. Mais "ces premières mesures n'ont pas fait ralentir le bus", affirme-t-il. "Un second tir de sommation dirigé vers le sol a alors été effectué. Deux balles ont ricoché sur le sol et traversé le pare-brise, blessant trois passagers dont l'un grièvement."

La version de l'armée mise en doute par le chauffeur du bus

Le directeur de la compagnie de bus, Abdoulaye Haidara, a mis en doute cette version. Selon lui, le chauffeur a contesté avoir refusé de s'arrêter et a dit à ses employeurs n'avoir "entendu que les tirs qui ont blessé trois personnes" et pas de tirs de sommation.

"Le blessé grave a été évacué par hélicoptère vers l'hôpital de la force Barkhane à Gao" mais "est décédé des suites de ses blessures", selon le communiqué. "La force Barkhane présente ses sincères condoléances aux proches de la victime décédée", conclut l'état-major français, en précisant que "toutes les mesures ont été prises pour établir les circonstances exactes de cet événement", en collaboration avec la gendarmerie malienne.

Paris compte 5 100 militaires au Sahel au sein de la force Barkhane, qui combat des groupes armés affiliés à l'Etat islamique et Al-Qaïda. Un tel événement est rare. Celui-ci intervient dans un climat incertain au Mali, dirigé depuis le 18 août par une junte militaire qui a renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta après sept années de pouvoir, exercé avec le soutien de la communauté internationale dans le combat contre la propagation jihadiste et pour la stabilité du Sahel.