Edward Snowden se félicite des "victoires" sur la surveillance de masse

Le lanceur d'alerte américain l'explique dans une tribune publiée par quatre journaux internationaux, dont "Libération" en France.

L\'ex-consultant de la NSA Edward Snowden, interviewé par le quotidien britannique \"The Guardian\", à Hong Kong (Chine), le 6 juin 2013.
L'ex-consultant de la NSA Edward Snowden, interviewé par le quotidien britannique "The Guardian", à Hong Kong (Chine), le 6 juin 2013. (EYEPRESS NEWS / AFP)

Lorsque Edward Snowden s'exprime, l'heure est plus souvent aux constats alarmants qu'à l'énumération de motifs d'espoir. Pas cette fois. Dans une tribune publiée vendredi 5 juin par Libération et trois quotidiens étrangers, le lanceur d'alerte américain se félicite de la prise de conscience de l'opinion mondiale quant aux dangers de la surveillance de masse et des progrès réalisés en faveur du droit à la vie privée.

Une "génération post-terreur" émerge

"Les rapports de force commencent à changer", assure Edward Snowden dans cette tribune intitulée "Nos victoires", et également publiée par The New York Times, Der Spiegel et El País. L'ancien consultant de la National Security Agency (NSA) se réjouit, deux ans après ses révélations sur l'ampleur des programmes de surveillance des Etats-Unis, de l'émergence d'une "génération post-terreur, qui rejette une vision du monde définie par une tragédie particulière".

Selon lui, "pour la première fois depuis les attaques du 11-Septembre", une politique "qui tourne le dos à la réaction et à la peur pour embrasser la résilience et la raison" se dessine. Il évoque notamment la loi baptisée "US Freedom Act", adoptée mardi par le Congrès américain et qui réduit pour la première fois depuis 2001 la capacité des Etats-Unis à espionner leurs habitants.

Le lanceur d'alerte se félicite également du développement des mesures de protection technique comme le chiffrage. Ces évolutions technologiques "peuvent permettre un accès à une protection de base du droit à la vie privée (...), défendant ainsi les citoyens ordinaires contre l'adoption arbitraire de lois ne respectant pas la vie privée", explique Edward Snowden.

La loi française sur le renseignement en ligne de mire

Cependant, "le droit à la vie privée reste menacé par d'autres programmes et autorités", prévient-il, citant des "gouvernements qui font pression sur des entreprises technologiques" pour qu'elles fournissent des informations sur leurs clients, ou certains services en ligne parmi "les plus populaires au monde" devenus partenaires des programmes de surveillance de la NSA.

Le lanceur d'alerte dénonce également l'exploitation des "tragédies récentes" par les "chefs des services secrets" en Australie, au Canada et en France, pour essayer d'obtenir de "nouveaux pouvoirs intrusifs, malgré des preuves éclatantes que ceux-ci n'auraient pas permis d'empêcher ces attaques".