Séisme au Népal : "On a cru mourir" racontent des rescapés français

Huit jours huit près le séisme qui a fait plus de 7000 morts, neuf Français rescapés de la montagne sont arrivés samedi par hélicoptère à Katmandou. Mais sur le site de Langtang, l'heure est au pessimisme.

(Les Français sauvés ont été transportés à Katmandou par hélicoptère © REUTERS | Wolfgang Rattay)

"On a cru mourir", "on voulait survivre, c'est certain ". Ces Tarnais, guidés par un vétéran des expéditions dans le Népal, Patrick Durbiano, 69 ans, reviennent du mont Ganesh. Dans la vallée du Manaslu, les villageois les ont hébergés une semaine et ont construit pour eux une piste d'hélicoptère. "C'était un spectable abominable, des arbres qui tombaient, des pierres, ils se percutaient les uns les autres, ils explosaient en vol. Et vraiment le bruit était impressionnant " raconte Agnès Casals de Mazamet. A côté d'elle Monique qui fait figure de rescapée de l'expédition : "J'ai vu deux rochers dévaler, j'étais entre, un des deux m'a frôlée, m'a déséquilibrée, je suis tombée dans le ravin... Heureusement la végétation m'a retenue..."

"On a cru mourir" ont raconté les rescapés à Philippe Reltien
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"Il n'y a plus rien, peut-être qu'ils vont rester là toujours"

Mais il y a beaucoup moins d'espoirs pour les 100 à 150 touristes qui séjournaient ou marchaient dans le site très touristique de Langtang à 3.300 mètres d'altitude. Il a été enseveli sous une épaisse couche de neige et de glace. 48 corps d'étrangers ont été retrouvés ce dimanche parmi ceux de beaucoup de villageois népalais. L'agence Trinetra Adventure avait des clients français sur les lieux et notamment une famille française, les Dutrève. Venus de la région lyonnaise, ils étaient un groupe de six avec une amie savoyarde âgée de 75 ans. Ils devaient marcher deux à trois jours pour atteindre le village de Langtang. Mais d'après les témoignages de ceux qui l'ont survolé le site en hélicoptère, ce village de 1200 habitants, carrefour des randonneurs, est totalement détruit. "A ce stade, je ne peux rien vous confirmer car on a rien vu à part quelques photos qui montrent que cette région est rayée de la carte " déclare Martine Bassereau, l'ambassadrice de France à Katmandou.  "Il n'y a plus rien. Il n'y a pas la possibilité de ressortir. Peut-être qu'ils vont rester là toujours" se désole le sherpa Ang Norbu, qui a survolé plusieurs fois le site.  

"Le problème c'est l'épaisseur de l'avalanche" raconte le sherpa Ang Norbu dans ce reportage de Philippe Reltien
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