Russie : l'opposant Alexeï Navalny condamné à trois ans et demi de prison avec sursis

Il a été reconnu coupable d'avoir volé plus de 410 000 euros à deux entreprises, dont une filiale d'Yves Rocher.

L\'opposant russe Alexeï Navalny, lors de son audience devant un tribunal de Moscou (Russie), le 17 septembre 2014.
L'opposant russe Alexeï Navalny, lors de son audience devant un tribunal de Moscou (Russie), le 17 septembre 2014. (NIKITA SHVETSOV / ANADOLU AGENCY / AFP)

L'opposant numéro un au Kremlin, Alexeï Navalny, a été reconnu coupable, mardi 30 décembre, de détournement de fonds. Il a été condamné par la justice russe à trois ans et six mois de prison avec sursis. Dix jours auparavant, le parquet avait requis une peine de dix ans de prison à l'encontre de ce blogueur, qui avait pris la tête de grandes manifestations contre le président Vladimir Poutine pendant l'hiver 2011-2012.

Son frère Oleg, lui aussi reconnu coupable d'avoir détourné de l'argent, a pour sa part écopé de trois ans et demi de prison ferme. "Pour quel motif vous le mettez en prison ? C'est quoi cette saloperie ? C'est pour me punir davantage ?", s'est exclamé l'opposant, martelant la table de ses poings avant de saluer son frère, emmené par des policiers.

Un jugement expéditif

Les deux frères étaient poursuivis pour avoir volé 30 millions de roubles (410 000 euros), entre 2008 et 2012, à deux entreprises, dont une filiale du groupe Yves Rocher. La société française de cosmétiques avait pourtant indiqué par la voix de Christian Melnik, directeur financier de sa filiale russe, n'avoir subi "aucun dommage" à la suite de sa collaboration avec la société de transport des frères Navalny, Glavpodpiska. Le Kremlin a nié toute responsabilité dans ces poursuites judiciaires, alors qu'Alexeï Navalny avait qualifié le procès de "politique".

Le jugement du procès, dont la date de l'énoncé avait été brusquement avancée du 15 janvier à mardi, a été rendu en moins d'une quinzaine de minutes, une durée inhabituelle dans un pays où il n'est pas rare que la lecture des décisions de justice dure plusieurs heures. 

En sortant du bâtiment, Alexeï Navalny a appelé ses soutiens à descendre dans la rue pour protester. "Ce pouvoir ne mérite pas d'exister, il doit être détruit", a lancé l'opposant, alors qu'une manifestation est attendue au pied de la muraille du Kremlin dans la soirée.