Reportage "De l'eau jusqu'à la poitrine" : dans l'Oural, les habitants impuissants regardent la crue monter

Des inondations majeures sont en cours en Russie, le long du fleuve Oural. Les habitants dénoncent le manque de moyens déployés par les pouvoirs publics.
Article rédigé par franceinfo
Radio France
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Orenbourg sous l'eau, avril 2024. (HANDOUT / RUSSIAN EMERGENCY SITUATIONS MIN)

L'eau monte encore, mardi 9 avril, en Russie et au Kazakhstan frappés par des inondations majeures notamment le long du fleuve Oural et le pic n'est attendu que mercredi. Les autorités russes ont annoncé 6 500 évacuations et plus de 10 550 maisons inondées dans des régions russes situées dans l'Oural et en Sibérie. Franceinfo s'est rendue à Orenbourg, la capitale de la région russe la plus touchée par ces inondations où les habitants regardent toujours les eaux monter.

Le propriétaire d'une maison inondée en revient tout juste. Verdict : "Dix centimètres de plus, de l'eau jusqu'à la poitrine", dit-il. Des dizaines et des dizaines de maisons sont inondées par les eaux de la rivière Oural qui est proche de son plus haut historique assure le maire de cette ville industrielle de 500 000 habitants, mardi matin. À Orenbourg, ce sont les quartiers de datchas, des petites maisons individuelles en bord de rivière, qui sont les plus touchés. Franceinfo y a fait un tour à bord d'un énorme camion de secours capable de rouler dans deux mètres d'eau. Depuis deux jours, il fait des tournées pour emmener, ramener des habitants et leurs animaux.

Dans toute cette région du sud de l'Oural c'est la même chose. Un peu plus à l'est, à Orsk, c'est encore pire : l'eau atteint carrément le toit des maisons à deux niveaux. Tout cela à cause de conditions climatiques exceptionnelles cette année. Il a énormément plu, mais surtout, les températures sont remontées extrêmement vite. "On est passés de la doudoune au t-shirt en trois jours", témoigne un habitant. La neige a donc fondu, les glaces sur les fleuves ont cédé à une vitesse folle. D'où ces crues historiques, les pires depuis 80 ans dans la région.

Un phénomène amplifié par la rupture de digues

Au moins trois digues ont cédé dans la région d'Orenbourg. Notamment une, dans la ville d'Orsk, dont la rupture a eu les conséquences les plus importantes. Officiellement il n'y a pas eu de victimes. Les quatre morts annoncées dans un premier temps seraient en réalité liées à des accidents ou des infarctus, d'après les autorités. Mais il y a quand même une certaine exaspération chez certains sinistrés qui pointent du doigt le manque de moyens et de réactions des pouvoirs publics, ce qui leur a valu une réponse cinglante du ministre russe des Situations d'urgence.

"Nous avions annoncé la crue depuis une semaine. Certains n'ont pas pris l'alerte au sérieux. C'était à eux d'évacuer", a dit cet ancien garde du corps de Vladimir Poutine. Sur place, effectivement, malgré la présence de policiers ou de pompiers, les habitants disent surtout compter sur les bénévoles ou l'entraide entre voisins pour gérer leurs problèmes.

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