Rébellion de Wagner : "La seule conclusion, c'est que le régime poutinien est faible", affirme la porte-parole de "Russie-Libertés"

Les miliciens du groupe paramilitaire Wagner ont commencé à quitter leurs positions en Russie, sur ordre de leur chef Evguéni Prigojine. Il a fait volte-face après avoir frontalement défié l'autorité de Vladimir Poutine.
Article rédigé par franceinfo
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Les miliciens du groupe paramilitaire Wagner se préparent à quitter le centre-ville de Rostov-sur-le-Don, dans le sud de la Russie, le 24 juin 2023. (ARKADY BUDNITSKY / EPA)

"La seule conclusion, c'est que le régime poutinien est faible", affirme samedi 25 juin sur franceinfo Olga Prokopieva, la porte-parole de Russie-Libertés, une ONG de défense des droits humains et des libertés en Russie basée en France. La journée a été marquée par l'offensive de la milice Wagner vers Moscou puis son retrait. La porte-parole renvoie Vladimir Poutine et Evguéni Prigojine dos-à-dos,"des criminels de guerre". Pour Olga Prokopieva, cette "guerre des clans va semer le trouble". Elle l'assure tant que le régime de Vladimir Poutine existera, "il y aura toujours le désordre et la guerre en Europe".

franceinfo : Quelles conclusions peut-on tirer de cette journée avec cette avancée puis ce retrait en Russie des forces Wagner ?

Olga Prokopieva : La seule conclusion, certaine, c'est que le régime poutinien est faible, que les criminels sont en train de se dévorer entre eux. Les deux : Poutine et Prigojine. Ce sont des criminels de guerre et ils ne doivent pas continuer à diriger ce pays qui gagnera une stabilité que lorsqu'ils partiront. Il y a sûrement des arrangements entre eux, mais en aucun cas, on ne doit faire confiance à une quelconque déclaration. Ça reste très inquiétant. Il faut continuer absolument à aider l'Ukraine autant qu'on peut autant que la France et que la communauté internationale peut pour vaincre et pour libérer son territoire. On a aussi une pensée aujourd'hui pour toute l'opposition russe démocratique qui s'oppose à la guerre, qui est prisonnière.

Justement l'affaiblissement de Vladimir Poutine que vous évoquez, c'est une bonne nouvelle pour tous ses opposants ? 

Bien sûr que c'est une bonne nouvelle, cette guerre des clans va semer le trouble et on va voir comment ça va évoluer. En tous cas, il faut continuer les actions qui ont été prises jusque-là, renforcer l'aide à l'Ukraine et à l'opposition politique démocratique russe en exil et exiger la libération des prisonniers politiques russes. Il n'y a que par ce biais et non pas par le biais d'une résistance violente, que la Russie pourra vraiment se transformer. Si demain un autre clan vient prendre le pouvoir par les armes, il ne lâchera pas ce pouvoir et régnera par les armes. C'est ça le danger.

On parle beaucoup de la Biélorussie depuis le début de ce conflit en février 2022. Moscou se dit ce samedi soir reconnaissant envers Loukachenko, le président biélorusse, pour son rôle de médiateur. Quel regard est-ce que vous portez vous sur ce rôle ?

J'ai des doutes sur son réel rôle et peut-être qu'il a plutôt été utilisé par Poutine. S'il avait négocié directement avec Prigojine, il aurait un peu perdu la face. Il a eu besoin de faire semblant avec une médiation. C'est des régimes encore une fois criminels, qui sont imprévisibles, qui sont dangereux. Surtout, il ne faut pas miser sur un quelconque apaisement tant que ce régime poutinien qui a créé Prigojine, qui a créé Wagner et la nourrit, la développer. Tant que ce régime existera et il y aura toujours le désordre et la guerre en Europe. 

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