"Ce ne sont pas des hommes mais des combattants drogués" : dans le Haut-Karabakh, les soldats arméniens dénoncent la présence de mercenaires syriens

Depuis deux semaines, les forces azerbaïdjanaises et arméniennes s'affrontent pour la possession de cette enclave montagneuse séparatiste. La présence d'environ 800 Syriens engagés aux côtés de l'Azerbaïdjan est désormais avérée.

Article rédigé par
Claude Bruillot - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Dans la capitale du Haut-Karabagh arménien, les conséquences des bombardements aveugles des azéris. (CLAUDE BRUILLOT / RADIO FRANCE)

Des bombardements intenses se sont poursuivis une grande partie de la journée, dimanche 4 octobre, sur Stepanakert, la capitale du Haut-Karabakh, alors que l'escalade du conflit avec l'Azerbaidjan - pour la possession du territoire séparatiste - est entré dans sa deuxième semaine. L'Arménie continue de dénoncer la présence sur le terrain de mercenaires syriens pro-turcs épaulant les forces azerbaïdjanaises. 

Dans la capitale du Haut-Karabagh arménien, les conséquences des bombardements aveugles des azéris. Ici, un missile Schmerts de fabrication russe s'est fiché dans le sol sans exploser. (CLAUDE BRUILLOT / RADIO FRANCE)

Les chaînes arméniennes ont beau passer régulièrement des vidéos de combattants syriens dans leurs journaux télévisés entièrement consacrés au conflit dans le Haut-Karabakh, à Stepenakert, tout le monde sait que ces images ont été tournées ailleurs que sur la ligne de front avec l'Azerbaïdjan. Malgré tout, les soldats arméniens ont bien conscience que ces Syriens sont dans le camp juste en face.

L'idée d'un conflit religieux progresse

Karo, un tireur d'élite arménien assure qu'il les a régulièrement dans son viseur : "Ce sont des Syriens. Tout le monde le sait. Ce ne sont pas des hommes mais des combattants drogués. Je suis tireur dans l'artillerie, je les vois. Ils ne se protègent même pas."

Par exemple, sur 100 d'entre eux, trois seulement vont se protéger. Ce sont des robots.

Karo, soldat arménien

à franceinfo

Avérée et même quantifiée aux alentours de 800 hommes, la présence de combattants syriens aux côtés des forces azerbaïdjanaises ne semble pas effrayer les soldats arméniens du Haut-Karabakh. Mais à travers cette insistance à rappeler leur présence pourtant très minoritaire dans les effectifs azéris, s'insinue l'idée que ce conflit pour un territoire serait aussi un affrontement entre deux religions qui ont cessé de cohabiter ici il y a trente ans. L'Arménie incarnant le christianisme, l'Azerbaïdjan l'islam. 

Des miliciens syriens engagés dans le conflit du Haut-Karabakh : Ecoutez le reportage de Claude Bruillot, envoyé spécial de franceinfo
--'--
--'--

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.