Aéroport du Daguestan pris d'assaut par une foule hostile aux juifs : "Des images d'un autre temps", pour le président du Crif

Dimanche 29 octobre, plusieurs centaines de personnes ont pris d'assaut l'aéroport de la région russe du Daguestan après avoir appris qu'un avion en provenance de Tel-Aviv devait y faire escale.
Article rédigé par franceinfo
Radio France
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Capture d'écran d'une vidéo amateur montrant des manifestants sur le tarmac de l'aéroport de Makhatchkala, dans la région du Daguestan (Russie), le 29 octobre 2023. (- / TELEGRAM / @ASKRASUL)

Yonathan Arfi, président du Crif, le Conseil représentatif des institutions juives de France, estime que les images de l'assaut de l'aéroport au Daguestan par une foule hostile à Israël, sont "des images d'un autre temps". Dimanche 29 octobre, plusieurs centaines de personnes ont pris d'assaut l'aéroport de cette région russe, à majorité musulmane, située dans le nord du Caucase, après avoir appris qu'un avion en provenance de Tel-Aviv devait y faire escale.

Pour le président du Crif, les images montrent "une foule en furie" qui "cherche la moindre trace de juifs pour les lyncher. C'est ça que nous avons vu sur les images qui nous ont été rapportées". "Ce sont des images qui témoignent d'une haine des juifs qui traverse à la fois l'histoire et la géographie", poursuit Yonathan Arfi. "L'histoire, parce qu'elle nous renvoie à des scènes d'une autre époque et la géographie parce que le Daguestan c'est bien loin du Proche-Orient et de l'Europe".

"Un signal qui traduit un malaise"

Questionné sur le fait que cette région russe soit à majorité musulmane, le président du Crif répond qu'"il n'y a pas besoin de juifs pour qu'il y ait de l'antisémitisme". Il donne ensuite quelques exemples : "Il n'y a plus beaucoup de juifs aujourd'hui en Pologne et pourtant il y a de l'antisémitisme. Il y en a au Japon où il n'y a jamais eu, ou quasiment pas, de communauté juive".

Selon lui, l'antisémitisme est avant tout "un signal qui traduit un malaise, une maladie de la société dans laquelle il apparaît. Quand ils [la foule du Daguestan] traquent des juifs qu'ils ne connaissent pas, qu'ils n'ont jamais fréquenté, ça dit quelque chose de la haine qui gagne cette société", explique-t-il avant de conclure : "C'est un signal de l'état de santé des pays dans lequel il apparaît".

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