Royaume-Uni : Boris Johnson critiqué pour avoir récité un poème évoquant l'ère coloniale lors d'un voyage en Birmanie

En janvier, le secrétaire britannique aux Affaires étrangères a récité un poème de Rudyard Kipling datant de 1890, alors qu'il participait à une cérémonie traditionnelle dans un temple bouddhiste à Rangoun. Les images ont été filmées par Channel 4 pour un documentaire qui doit être diffusé dimanche.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson, lors de l\'Assemblée générale des Nations unies, à New York (Etats-Unis), le 20 septembre 2017.
Le ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson, lors de l'Assemblée générale des Nations unies, à New York (Etats-Unis), le 20 septembre 2017. (DREW ANGERER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

Il aurait peut-être dû éviter de faire étalage de sa culture à cet endroit précis. Le secrétaire britannique aux Affaires étrangères, Boris Johnson, est critiqué pour avoir fait preuve d'un "manque incroyable de considération" après avoir récité un poème sur l'ère coloniale dans un temple, lors d'un déplacement en Birmanie. La scène s'est produite en janvier lors d'une cérémonie traditionnelle dans le temple bouddhiste de Shwedagon, à Rangoun, rapporte le Guardian (en anglais), samedi 30 septembre. Elle a été filmée par une équipe de la chaîne Channel 4 et doit être diffusée dans un documentaire sur l'ancien maire de Londres, qui doit être diffusé dimanche.

Boris Johnson devait verser de l'eau sur une statue d'or, sous l'œil de plusieurs responsables birmans, dans le cadre de cette visite à la pagode de Shwedagon. Il a alors entrepris de réciter les premiers vers du poème du célèbre écrivain Rudyard Kipling, Mandalay. Le texte, écrit en 1890 et publié en 1892, encense la beauté des femmes birmanes et évoque la nostalgie d'un soldat anglais, revenu en métropole après un séjour en Birmanie, qui était alors une colonie britannique. "Car il y a du vent dans les palmiers et les clochettes du temple disent : 'Reviens-t-en, soldat britannique ; reviens-t-en à Mandalay !'", écrit Rudyard Kipling, dans le passage récité par l'ancien maire de Londres.

Un poème "pas approprié" à cet endroit

Le poème évoque également le dieu Bouddha comme "une idole resplendissante faite de boue". Boris Johnson a toutefois été interrompu avant de parvenir à ce vers. "Votre micro est ouvert", lui a glissé l'ambassadeur britannique en Birmanie, "visiblement tendu", selon les images visionnées par le Guardian. Et d'ajouter qu'il n'était "sûrement pas une bonne idée" d'entamer ce poème à cet endroit. L'ambassadeur jugeait qu'il n'était "pas approprié" pour une cérémonie officielle en Birmanie.

Le documentaire de Channel 4 a fait réagir plusieurs personnalités politiques après cet épisode. "Je peux penser à une longue liste de raisons pour lesquelles Boris Johnson n’est pas compétent pour être Premier ministre. [Cet incident] peut être ajouté à la liste", juge ainsi un député travailliste.