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Pourquoi la prise de distance de Harry et Meghan avec la famille royale plonge le Royaume-Uni dans l'incrédulité

Cette annonce du duc et de la duchesse de Sussex, qui évoquaient ouvertement leur difficulté à vivre la pression médiatique, intervient après une année de crises pour les Windsor.

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France Télévisions
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Le prince Harry et Meghan Markle s'éloignent des journalistes, après avoir annoncé leurs fiançailles, le 27 novembre 2017, au palais de Kensington (Royaume-Uni). (BERETTA /SIMS / SHUTTERSTOCK / SIPA)

Shocking ! Le prince Harry et son épouse Meghan Markle ont créé la surprise, mercredi 8 janvier, en annonçant leur décision de renoncer à leur rôle de premier plan au sein de la famille royale britannique, pour s'installer une partie de l'année en Amérique du Nord.

Une annonce qui intervient après une année compliquée pour la monarchie, et qui plonge le Royaume-Uni dans l'incrédulité. Franceinfo vous explique pourquoi.

Parce que ce choix rompt avec le protocole

Dans le communiqué diffusé sur le compte Instagram officiel de la famille, Harry et Meghan déclarent leur "intention de renoncer [aux rôles de] membres 'senior' de la famille royale et de travailler pour devenir financièrement indépendants, tout en continuant à soutenir la reine". Le couple, qui assure avoir pris cette décision "après de nombreux mois de réflexion" prévoit "désormais de partager [son] temps entre le Royaume-Uni et l'Amérique du Nord", dont est originaire Meghan.

Cette prise de distance géographique et protocolaire vient isoler un peu plus un couple qui détonnait déjà au sein de la famille royale. Mariés en mai 2018, Harry et Meghan n'ont jamais fait mystère de leur rapport inconfortable avec le poids des traditions et des coutumes. "Si vous les fréquentez comme je l'ai fait, et que vous les suivez dans leurs tournées et leurs voyages, vous constaterez qu'il y a des pans entiers du job qu'ils n'aimaient tout simplement pas", analyse pour la BBC (en anglais) le journaliste Jonny Dymond, spécialiste du sujet.

Harry s'épanouit au milieu de la foule, mais déteste le cérémonial et ne supporte pas les caméras. De son côté, Meghan refuse d'être réduite à un rôle de figurine sans voix, mais est critiquée dès qu'elle prend la parole.

Jonny Dymond, spécialiste de la famille royale

à la BBC

Le couple royal s'était ainsi attiré les critiques acerbes d'une partie de la presse en se confiant dans un documentaire tourné pendant un voyage en Afrique, rompant avec une tradition royale : "Never complain, never explain" ("Ne jamais se plaindre, ne jamais expliquer"). Meghan y avait notamment évoqué ses difficultés à gérer les commentaires des tabloïds, pendant sa grossesse. "J'ai vraiment essayé d'adopter cette sensibilité britannique, ce stoïcisme. J'ai essayé, j'ai vraiment essayé, mais je pense que tout ça cause des dégâts. Je n'ai jamais pensé que ce serait facile, mais j'espérais que ce serait juste." 

Cette confession, si sincère soit-elle, avait valu à la duchesse de Sussex de nouvelles critiques de la presse à scandale, qui jugeait indécent de se plaindre de sa situation pendant qu'elle visitait les quartiers pauvres de Johannesburg, en Afrique du Sud.

Parce que la famille n'aurait pas été avertie

Cette décision a également pris par surprise la famille royale, qui espérait pouvoir entamer 2020 sous de meilleurs auspices après, de l'aveu de la reine, une année "semée d'embûches: irruption du nom du prince Andrew dans l'affaire Jeffrey Epstein, accident de la route causé par Philip, le prince consort à la santé fragile.

"Les discussions avec le duc et la duchesse de Sussex sont à un stade précoce. Nous comprenons leur désir de prendre une autre voie, mais ce sont des questions compliquées qui prennent du temps à régler", a-t-elle recadré, dans un communiqué transmis par le palais de Buckingham. Elizabeth II, 93 ans, reconnaît ainsi à demi-mot avoir été prise de court par la diffusion du message explosif du couple. "Ils ne l'ont même pas dit à la reine", accuse le tabloïd Daily Mirror, y voyant une décision "égoïste" du prince Harry. Le Sun évoque blâme l'épouse du prince en évoquant un "Megxit", croisement de "Meghan" et de "Brexit", et le Times souligne la "division" au sein de la famille royale. 

"De nombreuses sources ont déclaré qu'aucun membre de la famille royale n'avait été consulté", selon Jonny Dymond, de la BBC. "On parle de déception, de membres importants de la famille royale blessés par cette déclaration. Le fait que toute cette émotion, cette division, entre le palais et le couple s'affichent en toute transparence est absolument époustouflant".

Parce que cette rupture est sans précédent

D'autres membres de la famille royale ont déjà tourné le dos au clan. Diana, la princesse de Galles, a perdu ainsi son titre royal en 1996, après avoir divorcé du prince Charles. Le roi Edward VIII (l'oncle d'Elizabeth II) a abdiqué avant d'être couronné, en 1936, pour pouvoir épouser Wallis Simpson, une Américaine deux fois divorcée. Tout récemment, le prince Andrew, dont le nom est apparu dans l'affaire Epstein, a été écarté de la famille. "Aucun membre de la famille royale n'a déclaré volontairement dans le passé qu'il voulait rester membre de la famille royale, tout en étant en quelque sorte en dehors de celle-ci", relève le New York Times (en anglais). Aucun membre de la famille n'a, de son plein gré, vécu hors du Royaume-Uni.

Le spécialiste de la BBC Jonny Dymond s'interroge : "Quel sera leur nouveau rôle ? Où vivront-ils ? Qui paiera pour cela ? Quelle relation auront-ils avec le reste de la famille royale ? Il y a beaucoup plus de questions que de réponses." Le chantier familial, examiné à la loupe par la presse à scandale, s'annonce colossal.

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