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Londres attire autant les Français que les Allemands et les Espagnols

Londres attirerait chaque année 300.000 Français. Qu'ils soient chefs d’entreprises, étudiants, traders, artistes ou serveurs, difficile de connaître leur nombre exact puisque rien n’oblige un citoyen de l’Union européenne à s’enregistrer. Les ressortissants allemands et espagnols seraient également estimés à 300.000 dans la capitale britannique, selon leurs ambassades.
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France Télévisions Rédaction Afrique
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Un boulanger l'enseigne française «Paul» à South Kensington, à Londres.

Plutôt que le XXIe arrondissement de Paris, comme certains l'appellent, Londres est d'abord une ville-monde: sur 8,5 millions d'habitants, plus de trois millions sont nés à l'étranger, selon une récente étude de l'Université d'Oxford.

La capitale britannique compte 120.000 de citoyens français inscrits comme résidents. Mais, selon le consulat, ce chiffre ne représente que 40% du contingent réel qui avoisinerait les 300.000 dont les deux tiers habitent le grand Londres. Les Londoniens made in France sont surtout des jeunes: 26% ont moins de 18 ans et 40% entre 18 et 40 ans.

Ceux  qui ont traversé la Manche pour y faire leurs études sont estimés à 25.000, tandis que les autres ont quitté la France pour un emploi dans la restauration, le marketing, le commerce et bien sûr la finance, la City étant la deuxième place financière derrière New York. «Tout le monde finit par trouver une activité – un emploi ou une niche – pour créer une entreprise», note Cécile d'Angelin, présidente de l'association des anciens Sciences-PO du Royaume-Uni, citée par Challenges.

«Heureusement la France voyage, la France se déplace. Nous sommes un pays à vocation internationale», a lancé le président français François Hollande en inaugurant, le 24 septembre 2015, un deuxième lycée français à Londres, censé désengorger l'établissement historique de South Ken, symbole de la vague tricolore.



La proximité géographique, la langue et un marché du travail dynamique avec un taux chômage de 5,6% – contre 10,4% en France en juillet d'après Eurostat –, sont des arguments de poids pour certains. D'autres sont motivés par une fiscalité sur les sociétés plus attractive qu'en France avec 20% sur les bénéfices contre 33,33%. En revanche, les barèmes de l'impôt sur le revenu sont quasi équivalents à ceux pratiqués dans l'Hexagone.

Mais le Français continue à s'expatrier moins que ses voisins. Ceux qui partent au Royaume-Uni restent en moyenne six ans. Selon le consulat, «plus des trois quarts regagnent ensuite la France» où vivent plus de 400.000 Britanniques.

Difficultés de chiffrage 
Confrontés eux aussi à des difficultés de chiffrages de leurs ressortissants, les consulats d'autres grands pays européens comme l'Espagne et l'Allemagne estiment à 300.000 le nombre de leurs citoyens exilés au Royaume-Uni. Alors que 50.000 Italiens se sont enregistrés, ils seraient en réalité «au moins 200.000 à Londres», selon leur ambassade.

Bien que l'afflux massif de Français à Londres depuis 2012 soit souvent évoqué, aucune étude n'atteste d'une accélération du mouvement, ni d'expatriations définitives. Le registre du consulat en 2013 comptait 7.600 radiations pour 7.800 nouvelles inscriptions. Et depuis décembre 2014, il y a même eu légèrement plus de départs que d'arrivées.

La capitale britannique se situe aux alentours de la 50e place des agglomérations françaises, loin de l'étiquette de «sixième ville française» que lui avait attribuée son maire Boris Johnson

En 2014, la capitale britannique s'est imposée comme la ville la plus visitée par les touristes étrangers, devant Paris. Cette année-là, trois millions de Français l'ont visitée.
 

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