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Royaume-Uni : les sondages se sont lourdement trompés

Aucun sondage n'avait vu venir la nette victoire des conservateurs.

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France Télévisions
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Une Britannique dépouille les bulletins de vote, le 7 mai 2015 à Witney (Royaume-Uni). (GEOFF CADDICK / AFP)

Les travaillistes ne sont pas les seuls perdants des législatives britanniques. La large victoire des conservateurs, vendredi 8 mai, constitue une claque spectaculaire pour les instituts de sondage qui se sont tous lourdement trompés. "Les sondeurs devraient se sonder entre eux pour voir ce qui n'a pas marché", a ironisé le maire conservateur de Londres, Boris Johnson.

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Depuis des mois, les instituts pronostiquaient un résultat ultra-serré sans vrai vainqueur entre les Tories et Le Labour. Lorsque les premiers sondages effectués à la sortie des urnes sont tombés jeudi à 22 heures (23 heures, heure de Paris), le choc fut total : 77 sièges d'avance pour les conservateurs, personne ne voulait vraiment y croire, chez les vaincus comme chez les vainqueurs. Mais, au fil de la soirée, les prédictions se sont confirmées, renforcées même : les conservateurs ont gagné largement, et les sondeurs ont perdu platement. "Je suis perplexe", a réagi Peter Kellner, le président de YouGov.

"Nous allons revoir nos méthodes"

Pour les instituts, c'est le plus gros camouflet depuis l'incroyable fiasco de 1992, lorsqu'ils avaient donné le travailliste Neil Kinnock vainqueur alors que le scrutin avait été remporté par les conservateurs de John Major. Ils avaient redoré leur blason en 2010 en faisant preuve d'une précision remarquable pour prédire un gouvernement de coalition conservateurs/libéraux-démocrates. Les voilà de retour à la case départ, livrés aux moqueries et aux critiques du pays.

L'institut Populus a d'ores et déjà fait amende honorable : "Le résultat des élections nécessite une remise en question de tous les instituts de sondage. Nous allons revoir nos méthodes et demander au Conseil britannique des sondages de conduire un audit", a précisé un responsable dans un communiqué.

Un réveil tardif des conservateurs ?

"Réveil tardif de l'électorat conservateur ? Problème de méthodologie ? Il faudra un peu de temps pour analyser" la faillite des sondeurs, soulignait Tony Travers, politologue à la London School of Economics. Une thèse possible est un sursaut de dernière minute de l'électorat conservateur, traditionnellement plus timide à livrer ses préférences en amont.

Dans le passé, les sondeurs ont souvent eu tendance à surestimer les travaillistes. Les sondeurs semblent surtout avoir échoué à traduire les pourcentages d'intentions de vote dans le bon nombre de sièges, sachant que les législatives sont d'abord la somme des résultats de batailles individuelles dans 650 circonscriptions.

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