Brexit : des députés britanniques réclament une enquête sur des interférences russes durant la campagne du référendum

Dans un rapport de 55 pages, les parlementaires concluent que l'influence russe au Royaume-Uni est devenue "la nouvelle normalité" et que cette situation a été "sérieusement sous-estimée" par le gouvernement britannique.

L\'ambassade russe à Londres (Royaume-Uni), le 1er janvier 2018. 
L'ambassade russe à Londres (Royaume-Uni), le 1er janvier 2018.  (ALEX MCNAUGHTON / SPUTNIK / AFP)

Leur rapport était attendu. Les députés de la commission parlementaire du renseignement et de la sécurité (ISC) ont estimé mardi 21 juillet que le gouvernement britannique devait enquêter sur des interférences russes pendant la campagne du référendum sur le Brexit en 2016.

"Il aurait dû y avoir une évaluation des interférences russes dans le référendum. Il doit y en avoir une et les résultats de cette évaluation doivent être portés à la connaissance du public", a déclaré le député travailliste Kevan Jones, lors de la présentation du rapport par la commission.

Ce document de 55 pages conclut que l'influence russe sur la politique au Royaume-Uni est devenue "la nouvelle normalité". La situation a été "sérieusement sous-estimée" par le gouvernement.

Pas de preuves à l'heure actuelle

Les députés de l'ISC ne sont pas parvenus à mettre en évidence des preuves d'interférences russes durant les campagnes du référendum sur le Brexit et de celui sur l'indépendance de l'Ecosse de 2014 (où 55% des électeurs ont voté pour son maintien au sein du Royaume-Uni).

Selon Kevan Jones, le gouvernement a "activement évité de répondre à la question", soulignant le "contraste saisissant" avec la réponse américaine au sujet des interférences sur la présidentielle de 2016.

Des oligarques russes accueillis "à bras ouverts"

La commission souligne que les gouvernements successifs ont accueilli "à bras ouverts" les oligarques russes et leur argent, leur permettant ainsi de prendre pied au Royaume-Uni. "Beaucoup de Russes ayant des liens très proches" avec le président russe Vladimir Poutine sont très intégrés dans le milieu des affaires et la société britannique "et acceptés à cause de leur richesse", indique le rapport.

Sa publication intervient dans un climat orageux entre Londres et Moscou et pendant une visite dans la capitale britannique du secrétaire d'Etat américain, Mike Pompeo. Le Royaume-Uni a ainsi mis en cause la semaine dernière des "acteurs russes" concernant des interférences pendant la campagne pour les législatives de décembre dernier. Il a également accusé les services de renseignement russes d'être derrière des attaques informatiques destinées à s'emparer du fruit de recherches sur un vaccin contre le nouveau coronavirus. Le Kremlin a démenti ces accusations.