Covid-19 : "Tout le monde est fatigué parce qu'il n'y a plus d'espoir" , se désespère une Française, médecin urgentiste à Londres

Les hôpitaux londoniens, confrontés à une flambée des cas de contamination au variant britannique du coronavirus, sont saturés. "On n'arrive pas à réguler cette arrivée de patients aux urgences alors que d'habitude on arrive à trier les malades", déplore Corinne Gonet.

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Radio France
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Un patient arrivé par ambulance à l'hôpital royal de Londres, le 19 janvier 2021. (TOLGA AKMEN / AFP)

Avec 95 981 morts, le Royaume-Uni est le pays européen qui paie le plus lourd tribut à l'épidémie de Covid-19. Le variant britannique, du coronavirus, désormais majoritaire dans le pays et plus mortel selon le Premier ministre, inquiète les autorités sanitaires. "Mardi, on a atteint le pic des décès [1 610] dans la journée. Ils ont lancé un appel et transformé la plupart des services en soins intensifs", témoigne sur franceinfo ce, samedi 23 janvier, Corinne Gonet, une Française, médecin urgentiste au Royal London Hospital.

"Il n'y a plus de repos depuis le mois de mars"

"Il y a de plus en plus d'admissions car il y a de nouveaux cas", indique Corinne Gonet et le variant britannique domine. "Il n'y a plus que ça. Ça a été déclaré comme un incident majeur, c'est un peu comme une situation d'attentat". Les hôpitaux londoniens sont saturés "parce qu'on n'arrive pas à réguler cette arrivée de patients aux urgences alors que d'habitude on arrive à trier les malades", constate la médecin urgentiste.

"Tout le monde est épuisé, il n'y a pas eu de repos depuis le mois de mars, on a des centaines de collègues qui sont infectés, tout le monde est fatigué parce qu'il n'y a plus d'espoir, or, c'est l'espoir qui fait vivre."

Corinne Gonet

à franceinfo

Corinne Gonet précise que les internes et externes ont été appelés en renfort dans les services d'urgence. Ces derniers suivront "une courte formation". "Ils doivent ensuite aller dans tous ces nouveaux services qui vont être ouverts. Il y a un appel à l'aide depuis mercredi", ajoute-t-elle.

"Au Royaume-Uni, il n'y a pas qu'un seul variant, poursuit la médecin urgentiste. Il y a tous les autres variants, on fait step by step, on prend les malades comme ils viennent et on essaie de les traiter au mieux et le plus rapidement possible".

Pour Corinne Gonet, "il faut continuer à se protéger, à appliquer les gestes barrières, même si à Londres, ils sont beaucoup moins stricts qu'en France et on espère qu'on verra bientôt la fin".

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