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Atlantique Sud: l'île britannique de Sainte-Hélène s’offre un aéroport

La vie paisible de l’île britannique de Sainte-Hélène devrait radicalement changer avec l’ouverture d’un aéroport en février 2016. Un chantier de quatre ans qui a bouleversé cette île volcanique, avant même l'arrivée des premiers avions. Pour construire l’aéroport, il a fallu raboter une montagne et remblayer une vallée entière.
Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
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Située entre deux énormes parois rocheuses, Jamestown est la seule ville de l’île de Sainte-Hélène. (ANGELA MERKER / DPA / DPA/AFP)
Aujourd’hui, on n’accède à Sainte-Hélène que par bateau. Le plus souvent du Cap (Afrique du Sud) en cinq jours, ou via Ascension, île située à 1200km au nord-ouest où un avion de l’armée de l’air britannique fait escale pour embarquer quelques civils.

L'aéroport commencera son activité par un vol hebdomadaire vers Johannesburg, le plus grand aéroport d'Afrique choisi pour son large choix de correspondances. Afin d'assurer cette liaison, les autorités de l'île ont annoncé en mars 2015 l'ouverture de négociations exclusives avec la société sud-africaine Comair, qui fait voler des avions aux couleurs de British Airways.

La piste actuellement en construction à la pointe est de l'île ne sera pas assez longue pour accueillir des avions longs courriers capables de rallier l'Europe depuis Sainte-Hélène sans une escale technique en Afrique de l'Ouest. 

350 millions d’euros
Le projet estimé à 250 millions de livres (350 millions d’euros) est financé par le gouvernement britannique. Il comprend également, pour 20 millions de livres (28 millions d'euros), la construction d'une route d'accès longue de 14 km, qui mène dans une vallée proche de la capitale Jamestown.

Le recrutement de quelque 600 personnes, début 2015 (une moitié de Saint-Héléniens et une centaine notamment d'origine thaïlandaise), a contribué à perturber la quiétude de l'île. Depuis 2011, la population a augmenté de 10%, atteignant selon les dernières estimations environ 4.200 habitants.


Ce territoire d'outre-mer britannique est connu pour être le lieu d’exil de Napoléon Ier, il y a 200 ans. Son isolement et son caractère hostile en ont longtemps fait un lieu de détention prisé des autorités britanniques. Aujourd'hui, l'île se rêve en paradis touristique. Elle a sa propre monnaie: la livre de Sainte-Hélène indéxée sur la livre sterling.
 
Sainte-Hélène, qui vit essentiellement des subventions de Londres et des revenus envoyés par les îliens partis travailler en Grande-Bretagne, à Ascension ou aux Malouines, importe presque tout de Grande-Bretagne et d'Afrique du Sud. Ses exportations: quelques poissons et un peu de café (extrêmement rare et cher).

Le chantier a été confié au groupe de BTP sud-africain Basil Read et c'est le français Thales qui fournit les équipements aéroportuaires. La piste, longue de 1950m et large de 45m, se termine au Nord par un à-pic impressionnant de 300m sur l'océan Atlantique. 

Les Boeing 737-800 de Comair pourront transporter 138 passagers, soit à peu près autant que le bateau, qui fait la navette toutes les trois semaines. Le vol devrait durer 4 heures 30, contre cinq jours de bateau depuis le Cap actuellement. 

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