Syrie : le principal groupe d'opposition refuse de participer à la conférence de Genève

Le Conseil national syrien menace de se retirer de la coalition anti-régime si celle-ci prend part à la conférence organisée par la Russie et les Etats-Unis pour sortir le pays de la guerre civile. 

Des combattants rebelles syriens le 9 octobre 2013 à Alep, dans le nord de la Syrie. 
Des combattants rebelles syriens le 9 octobre 2013 à Alep, dans le nord de la Syrie.  (KARAM AL-MASRI / AFP)

C'est un coup d'arrêt pour la Conférence de paix pour la Syrie Genère 2, déjà maintes fois reportée et prévue mi-novembre pour trouver une issue politique au conflit, comme le souhaite la Russie. Le Conseil national syrien, le groupe le plus important de l'opposition à Bachar Al-Assad n'y participera pas, a annoncé son principal leader, dimanche 13 octobre. Le CNS menace de se retirer de la coalition anti-régime si celle-ci y prenait part

"Le CNS [...] a pris la ferme décision [...] de ne pas aller à Genève vu les circonstances actuelles" sur le terrain en Syrie, a expliqué le chef du Conseil Georges Sabra. Il invoque les souffrances endurées par la population en raison de la guerre menée par le régime contre les rebelles. "Les habitants de Moadamiyat al-Cham (localité rebelle bombardée par l'armée près de Damas) meurent de faim, la Ghouta (région de la province de Damas) est assiégée et (le régime) interdit même d'y faire entrer du pain, est-ce que ce sont les conditions qui permettent de parvenir [...] à une transition démocratique en Syrie?", s'est insurgé Georges Sabra.

Le CNS, au sein duquel siègent notamment les influents Frères musulmans de Syrie, a été la tête de file de l'opposition contre le régime, avant de rejoindre laborieusement en novembre 2012 plusieurs nouveaux groupes pour former la Coalition nationale de l'opposition. Il rassemble les "faucons" de l'opposition, qui refusent toute négociation de paix avant le départ de Bachar Al-Assad du pouvoir.