Syrie : l'ONU relance une aide transfrontalière réduite

L’aide distribuée par l’ONU et des ONG dans le nord-ouest de la Syrie ne pourra plus transiter que par un seul point, conformément à la volonté de la Russie.

Un homme à moto dans le village de Neirab, dans la province d\'Idlib, en Syrie, le 17 avril 2020.
Un homme à moto dans le village de Neirab, dans la province d'Idlib, en Syrie, le 17 avril 2020. (KHALIL ASHAWI / REUTERS)

Après une semaine de divisions, le Conseil de sécurité de l'ONU a réactivé samedi 11 juillet l'aide humanitaire transfrontalière en Syrie, mais avec une réduction imposée par la Russie. L'aide distribuée par l'ONU et des ONG ne pourra plus transiter que par un seul point, contre quatre jusqu'en décembre dernier, puis deux jusqu'à vendredi, précise RFI.

Cette résolution permet de continuer à utiliser à la frontière turque, pendant un an, le point de passage de Bab al-Hawa qui dessert la région insurgée d'Idleb (Nord), mais en supprimant celui de Bab al-Salam qui menait à 1,3 million de Syriens (Sud). Douze pays ont voté en sa faveur, trois se sont abstenus : la Russie, la Chine et la République dominicaine qui a expliqué sa déception "qu'une fois encore le Conseil de sécurité ait été incapable de répondre collectivement et de manière constructive à l'une des plus grandes tragédies humanitaires actuelles".

Une aide humanitaire désormais limitée

En vigueur depuis 2014, l'autorisation transfrontalière de l'ONU permet d'acheminer de l'aide à la population syrienne sans l'aval de Damas. Faute d'accord au Conseil, après deux doubles veto russo-chinois en trois jours (le 16e pour Moscou et 10e pour Pékin depuis 2011), elle avait expiré vendredi. En janvier, le mécanisme avait déjà été sévèrement réduit par la Russie qui juge qu'il viole la souveraineté de son allié syrien. Il avait perdu un point d'entrée en Jordanie et un en Irak.

"La Russie contrôle ce processus", relève Richard Gowan, du centre de réflexion International Crisis Group (ICG). Les veto de la semaine "ont été secondaires car, en définitive, la Russie allait toujours imposer une solution dans les termes" acceptés aujourd'hui.

Louis Charbonneau de l'ONG Human Rights Watch (HRW) relève également que "les membres du Conseil de sécurité ont donné à Moscou ce qu'il voulait : une nouvelle réduction drastique de l'aide transfrontalière à des Syriens désespérés qui en dépendent pour survivre". De son côté, Oxfam a fait part de sa crainte des limites posées à la "fourniture d'eau, de nourriture, d'abris et de soins de santé" pour des millions de Syriens.