Le député PS qui s'est rendu en Syrie sera entendu mardi au siège du Parti socialiste

"Aucun feu vert n'a été donné" au voyage des parlementaires français en Syrie, auquel a pris part le député PS Gérard Bapt, dénonce le premier secrétaire du parti, Jean-Christophe Cambadélis.

Le député socialiste Gérard Bapt à l\'Assemblée nationale, à Paris, le 4 septembre 2013.
Le député socialiste Gérard Bapt à l'Assemblée nationale, à Paris, le 4 septembre 2013. (MAXPPP)

Explications en perspective à Solférino. Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, doit recevoir, mardi 3 mars, le député socialiste de retour d'une "mission personnelle" en Syrie, Gérard Bapt, annonce le parti, vendredi 27 février.

"Aucun feu vert n'a été donné à ce voyage"

Comme François Hollande et Manuel Valls avant lui, Jean-Christophe Cambadélis condamne l'initiative des quatre parlementaires français qui se sont rendus à Damas, malgré la rupture des relations diplomatiques avec le régime de Bachar Al-Assad. "Aucun feu vert n'a été donné à ce voyage (...). Nul parlementaire ne peut, de son propre chef, rétablir des relations diplomatiques avec un dictateur qui a gazé son peuple, dénonce le premier secrétaire. Il y va de la crédibilité de la parole de la France."

Gérard Bapt assure pourtant avoir fait état de son intention d'effectuer un voyage privé en Syrie. "J'ai eu des contacts avec des conseillers à l'Elysée, à Matignon, au Quai d'Orsay, assure le député à La Dépêche du Midi. Tous m'ont rappelé la politique officielle de la France, à savoir notamment que Bachar al-Assad était infréquentable. J'avais donc posé comme postulat de départ que je ne le rencontrerais pas." L'élu PS est donc "resté à l'hôtel" pendant que ses trois collègues discutaient avec le président syrien.

Cambadélis évoque des sanctions, Bapt se défend

Il n'empêche, Jean-Christophe Cambadélis dénonce une initiative illégitime, "sur la forme" et "sur le fond". "La France perdrait l'honneur sans gagner sur l'horreur", explique-t-il, en "[s'asseyant] sur la barbarie de Bachar Al-Assad" pour obtenir "un coup de main contre la barbarie" de l'Etat islamique.

Dès jeudi, le premier secrétaire PS a évoqué de possibles sanctions contre Gérard Bapt. La position semble difficile à accepter pour l'intéressé. "Il n'y a pas eu de sanctions pour ceux qui votent contre les textes du gouvernement ou qui ne votent pas la confiance", justifie le député, évoquant la bataille autour de la loi Macron. Gérard Bapt attend désormais de présenter "un certain nombre d'éléments", fruits de sa visite, au gouvernement et à ses représentants.