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George Sabra désigné président par intérim de l'opposition syrienne

Le Conseil national syrien l'a nommé au lendemain de la démission d'Ahmed Moaz Al-Khatib. La prochaine élection du chef de la coalition, qui se tient tous les six mois, aura lieu le 10 ou le 11 mai.

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George Sabra, président par intérim du Conseil national syrien, principale composante de la Coalition qui regroupe la majorité des opposants à Bachar Al-Assad, au siège de la Ligue arabe, au Caire (Egypte), le 24 février 2013. (KHALED DESOUKI / AFP)

L'opposition syrienne était sans chef depuis la démission d'Ahmed Moaz Al-Khatib, dimanche 21 avril. Mais le Conseil national syrien (CNS), principale composante de la Coalition qui regroupe la majorité des opposants à Bachar Al-Assad, a désigné, dès lundi, un nouveau chef par intérim. "George Sabra a été chargé du poste de président de la Coalition jusqu'à l'élection du nouveau président", indique le CNS dans un communiqué. La prochaine élection du chef de la coalition, qui se tient tous les six mois selon le règlement intérieur, aura lieu le 10 ou le 11 mai.

George Sabra, chrétien de 66 ans, aura la difficile tâche de faire taire les querelles intestines de l'opposition, au moment où le régime marque des points sur le terrain. Officiellement, la démission d'Ahmed Moaz Al-Khatib a pour but de dénoncer l'inaction de la communauté internationale face au bain de sang qui a fait plus de 70 000 morts en Syrie depuis mars 2011, selon l'ONU.

Malgré les signes de soutien – notamment le doublement de l'aide américaine non létale annoncé lors de la réunion du groupe des "Amis de la Syrie", samedi à Istanbul (Turquie) –, les adversaires du président Bachar Al-Assad ont été déçus par le refus persistant des Occidentaux de fournir des armes sur le terrain. Dans le même temps, Moscou continue d'armer le régime, Téhéran lui fournit une importante aide économique et les combattants du Hezbollah libanais mèneraient la bataille dans des régions clés de la Syrie.

"L'opposition n'a pas de stratégie politique"

Fort de ce soutien et des progrès de l'armée sur le terrain, le président Assad s'est attaqué récemment à l'opposition, essentiellement basée à l'étranger, doutant de son patriotisme et minimisant son appui populaire. Yezid Sayigh, analyste auprès du Centre Carnegie pour le Moyen-Orient, estime que "l'opposition n'a pas élaboré de stratégie politique pour faire tomber le régime et n'a pas non plus assuré une administration efficace des zones libérées avec des services de base et la sécurité"

En outre, la rivalité entre l'Arabie saoudite et le Qatar, principaux soutiens de l'opposition, continue de peser sur sa fragile unité, estiment les analystes."Tout processus de reconstruction de l'opposition implique nécessairement une réconciliation entre l'Arabie saoudite et le Qatar", affirme Thomas Pierret, maître de conférences à l'université d'Edimbourg, en Ecosse. En attendant cet hypothétique rapprochement, "l'important est que la Coalition puisse construire une relation solide avec l'Armée syrienne libre (ASL)", principale composante de la rébellion, poursuit le chercheur. "L'avenir de la Coalition est sans doute de devenir, dans une large mesure, la représentation politique de l'ASL."

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