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Intervention en Syrie : l'opposition demande à Hollande un vote au Parlement

Plusieurs personnalités de droite et du centre souhaitent aussi que les inspecteurs de l'ONU rendent leur conclusions avant d'envisager une intervention française.

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France Télévisions
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Le président français François Hollande sur le perron de l'Elysée à Paris le 29 août 2013. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Après le revirement de Barack Obama sur une intervention militaire en Syrie, François Hollande est sous pression. Des personnalités de droite et du centre demandent au président français de consulter le Parlement comme a décidé de le faire son homologue américain. Ils appellent aussi l'exécutif à ne pas prendre de décision avant les conclusions des inspecteurs de l'ONU, qui pourraient prendre jusqu'à trois semaines.

Une session extraordinaire du Parlement (Assemblée nationale et Sénat) consacrée à la crise syrienne doit se tenir mercredi 4 septembre, avec au programme une déclaration du Premier ministre Jean-Marc Ayrault suivie d'un débat... Mais en principe pas d'un vote, même si juridiquement rien ne l'empêche. 

"Le Président doit organiser un vote formel au Parlement"

Jean-Louis Borloo, le patron de l'UDI - parti centriste allié naturel de l'UMP -, a réclamé samedi soir un vote des parlementaires français, immédiatement après la déclaration de Barack Obama annonçant son intention de faire voter le Congrès américain. "Comme le Président des Etats-Unis, qui a décidé de consulter le Congrès américain au titre des principes démocratiques, le Président français doit faire de même et organiser après le débat, un vote formel au Parlement", a écrit l'ancien ministre dans un communiqué.

Un vote également demandé samedi par François Bayrou (MoDem), André Chassaigne, au nom des députés du Front de gauche, le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République) et par Christian Jacob, chef de file des députés UMP, pour qui le gouvernement devrait même engager sa responsabilité dans un vote de confiance.

L'aval de l'ONU et de l'Union européenne nécessaires

Trois jours après avoir approuvé l'attitude de François Hollande dans ce dossier, le président de l'UMP Jean-François Copé a nettement pris ses distances samedi. "Avant toute décision, il faut attendre les conclusions des inspecteurs de l'ONU, le syndrome irakien est présent dans tous les esprits", a-t-il déclaré dans une interview à paraître dans Sud-Ouest Dimanche"Si et seulement si l'utilisation des armes chimiques est établie, une intervention ciblée et limitée dont l'objectif ne serait pas le renversement du régime doit être mise sur la table", ajoute-t-il, mettant en garde contre "un certain suivisme vis-à-vis de nos alliés américains". 

Sur la même ligne depuis le départ, l'ancien Premier ministre François Fillon a quant à lui multiplié les conditions à remplir avant toute intervention, dont l'existence de preuves de l'implication de Damas dans le massacre chimique. 

L'ancien président de la République Valéry Giscard d'Estaing dit également ne pas être favorable à la participation de Paris à une action américaine, et juge que "toute action militaire extérieure française doit se faire dans le cadre de l'ONU". "L'Union européenne doit adopter une position commune", déclare par ailleurs le centriste dans un entretien au Point, appelant la France à demander une réunion du conseil européen "le plus vite possible".

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