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Alep : "Nous fuyons quelqu'un qui veut nous exterminer", témoigne un opposant à Bachar Al-Assad

Un jeune Syrien, opposant au régime de Bachar Al-Assad, joint mardi, témoigne de la nécessité de quitter la ville d'Alep, puis le pays, pour sauver sa vie et celle de sa famille. 

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Radio France
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A Alep, ici le 13 décembre, l'évacuation des civils et des combattants insurgés qui devait débuter mercredi à l'aube, a été suspendue (KARAM AL-MASRI / AFP)

En Syrie, la bataille d'Alep est sur le point de s'achever. L'armée du régime de Bachar Al Assad a un contrôle presque total de la deuxième ville du pays. Mardi 13 décembre, un accord a été conclu entre le régime syrien et les rebelles pour permettre l'évacuation de civils et d'insurgés, mais il était suspendu mercredi. Rami, un jeune opposant au régime espère toutefois quitter l'enfer d'Alep pour la ville d'Idlib, plus à l'ouest.

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Imaginer sa mort et fuir Alep

Acculé dans le sud d’Alep, Rami a pensé que sa vie et celle de sa famille touchaient à leur fin. En quelques heures, ce jeune marié de 25 ans, est passé de l’angoisse de la mort à l’espoir d’un nouveau départ. "Ces dernières 48 heures, j’ai imaginé dans quelle situation j’allais mourir. J’étais persuadé que nous allions tous mourir. J’ai dit au revoir, à ma femme, à ma mère. Nous avons tous pleuré. On s’est dit que c’était fini, qu’ils avaient volé nos vies. C’est ce que nous avons ressenti."

Rami ne pensait pas devoir quitter un jour sa ville natale, Alep, où il a grandi et où il a commencé des études d’ingénieur, interrompues par la guerre. Mais Rami et sa famille en sont convaincus, s'ils restent, la mort les attend. "Nous ne quittons pas seulement Alep pour une autre ville, nous fuyons quelqu’un qui veut nous tuer, nous exterminer", dit-il.

Nous quittons Alep pour un endroit où personne ne veut nous enrôler de force, nous mettre en prison, nous torturer et faire de nos vies un cauchemar.

Rami, un jeune Syrien en passe de fuir Alep

Après Alep, le même sort pour Idlib ?

Si le jeune Syrien et ses proches réussissent à quitter Alep, leur destination ne sera qu'une étape sur le chemin d'une vie retrouvée. Rami est convaincu que Bachar Al-Assad ne s’arrêtera pas et qu’après Alep, c’est sur la ville d’Idlib qu’il larguera ses bombes. C'est pourquoi le projet de Rami dépasse la frontière. Il veut quitter non seulement sa ville, mais aussi son pays, pour gagner la Turquie où il espère terminer ses études.

Alep : "Nous fuyons quelqu'un qui veut nous exterminer" - un reportage d'Omar Ouahmane
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