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Syrte, bastion historique de Kadhafi, a été bombardé vendredi par des avions britanniques sous l'égide de l'Otan

Selon la Défense britannique, ils ont bombardé "un important bunker-quartier général" servant d'état major aux forces fidèles à Kadhafi dans ce port de 120.000 habitants.Syrte, située à 360 km à l'est de Tripoli, est selon les rebelles, l'un des refuges possibles pour le leader traqué dont la capture reste l'un des objectifs premiers des insurgés.
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Les rebelles hissent leur drapeau sur le square Abou Salim de Tripoli, le 26 août 2011. (AFP - Patrick Baz)

Selon la Défense britannique, ils ont bombardé "un important bunker-quartier général" servant d'état major aux forces fidèles à Kadhafi dans ce port de 120.000 habitants.

Syrte, située à 360 km à l'est de Tripoli, est selon les rebelles, l'un des refuges possibles pour le leader traqué dont la capture reste l'un des objectifs premiers des insurgés.

Les rebelles ont assuré qu'ils mettraient la main sur Mouammar Kadhafi, qui a dirigé le pays d'une main de feret pour lequel le CNT a offert une récompense de 1,7 million de dollars, mort ou vif.

L'Italie a indiqué vendredi avoir en sa possession des "messages terribles" de Kadhafi qui seront "prochainement rendus publics" au sujet de l'île de Lampedusa qu'il voulait "transformer en enfer" en y envoyant par mer "des milliers de migrants africains".

Selon Rome, il existe aussi des "messages" montrant que les autorités pro-Kadhafi ont ordonné de mettre des vêtements civils à des soldats tués afin d'accuser l'Otan de "bavures".

Calme relatif à Tripoli où le CNT prend ses quartiers
Couronnement politique de plus de six mois de combats acharnés, le bureau exécutif du CNT a annoncé son installation jeudi soir à Tripoli, même si des poches de résistance des pro-Kadhafi subsistent près d'une semaine après l'entrée des rebelles dans la capitale. Le CNT était basé jusqu'alors à Benghazi.

Dans la capitale, la situation est restée très calme la majeure partie de la journée vendredi, selon un journaliste de l'AFP. Dans le sud de la ville, les insurgés ont arraché les drapeaux du régime à l'entrée du quartier loyaliste d'Abou Salim, conquis la veille après 48 heures de combats acharnés.

Selon le CNT, "de nombreux prisonniers" ont été exécutés sommairement mardi et mercredi dans deux camps près de Tripoli utilisés par la brigade dirigée par l'un des fils du dirigeant libyen, Khamis Kadhafi.

Parallèlement, 17 patients ont été évacués vendredi d'un hôpital de Tripoli, où au moins 80 personnes sont décédées faute de soins parce que des combattants pro-Kadhafi avaient pris l'établissement et tenu le personnel soignant à distance pendant six jours.

Le rôle de l'Otan plus important qu'elle ne veut le dire
Le rôle de soutien actif aux rebelles joué par certaines forces de l'Otan en Libye, y compris dans la traque de Mouammar Kadhafi et de ses proches, apparaît de plus en plus clairement malgré les démentis officiels de l'alliance affirmant s'en tenir au mandat strict de l'ONU.

L'Otan ne cesse d'affirmer qu'elle ne se concerte pas avec les rebelles et qu'elle ne vise pas Kadhafi. "Il n'y a pas de coordination militaire avec les rebelles", indique la porte-parole de l'Alliance Oana Lungescu, "nous menons les opérations en Libye en suivant à la lettre notre mandat" du Conseil de sécurité de l'ONU qui limite l'action à la protection des civils.

Pour Shashank Joshi, analyste au Royal United Services Institute de Londres, il s'agit d'une précaution purement oratoire. Ce qu'affirme l'Otan "est totalement absurde", dit-il, "il s'agit d'une fiction nécessaire visant à s'en tenir aux limites de la résolution 1973 de l'ONU et à éviter des difficultés juridiques et politiques", estime-t-il.

"Il y a des éléments extrêmement clairs montrant que l'Otan n'a pas seulement aidé les rebelles mais a été un partenaire décisif et crucial pour eux. Elle a été impliquée dans une coordination et un soutien très étroits, sans lesquels les rebelles n'auraient pu gagner ce conflit", juge M. Joshi.

D'après le quotidien britannique Daily Telegraph, des membres des SAS (Special Air Service) sont déployés sur le terrain en Libye depuis plusieurs semaines et ont joué un rôle clé dans la coordination de la bataille de Tripoli, alors que l'Otan assure n'avoir aucun soldat sur le terrain.

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