Touché au portefeuille, le groupe l'Etat islamique invente de nouveaux impôts

En raison notamment des frappes aériennes de la coalition, les revenus du groupe terroriste ont chuté d'environ 30% depuis 2015.

Une image de propagande montrant des combattants du groupe Etat islamique à Raqqa, en Syrie, le 19 novembre 2015. 
Une image de propagande montrant des combattants du groupe Etat islamique à Raqqa, en Syrie, le 19 novembre 2015.  (MAXPPP)

C'est la crise, même pour l'Etat islamique. Le groupe jihadiste a en effet vu ses revenus chuter d'environ 30% depuis 2015, selon des chiffres publiés par IHS Jane's, l'institut spécialisé qui publie régulièrement des rapports sur les territoires sous domination de l'organisation terroriste. Une situation financière qui a obligé l'Etat islamique à introduire de nouveaux impôts dans les territoires sous son contrôle, dont une taxe sur la réparation des antennes paraboliques.

Ce rapport, qui se fonde sur des informations tirées des médias sociaux et de sources présentes en Syrie et en Irak, affirme que les recettes mensuelles ne sont plus que de 49 millions d'euros, contre 71 un an plus tôt. L'étude assure également que la production pétrolière dans les zones sous le joug du groupe jihadiste avait diminué de 33 000 à 21 000 barils par jour. Ces pertes sont largement liées aux frappes aériennes opérées par la coalition menée par les Etats-Unis et la Russie.

Des péages et des amendes

Dans le détail, environ la moitié des recettes de l'Etat islamique provient des impositions et de la confiscation des commerces et des biens, selon le rapport d'IHS Jane's. Le pétrole représente 43% de ce total, le reste provenant du trafic de drogue, de la vente d'électricité et de dons. Toujours selon l'institut, l'Etat islamique a perdu environ 22% de son territoire au cours des 15 derniers mois et n'impose plus sa loi qu'à 6 millions de personnes, contre 9 auparavant. Sa base fiscale a donc diminué.

Pour compenser, le groupe est obligé d'innover en matière fiscale et augmente non seulement ses impôts, mais cherche de nouvelles manières d'obtenir de l'argent de la population. Pour y parvenir, de nouvelles taxes ont été inventées comme "des péages pour les chauffeurs de camion, des frais pour installer ou réparer des antennes paraboliques, et des 'droits de sortie' pour quiconque tente de quitter une ville", explique un analyste d'IHS Jane's. Le groupe jihadiste a aussi introduit des amendes pour ceux qui ne répondent pas correctement à des questions sur le coran, ainsi que la possibilité de payer en liquide pour éviter des châtiments corporels.