"Le risque majeur, c'est la dispersion", prévient Jean-Yves Le Drian sur les jihadistes français retenus en Syrie

Une centaine de Français liés aux groupes terroristes en Syrie pourraient être rapatriés en France, a expliqué, lundi sur France Inter, le ministre des Affaires étrangères.

Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, le 4 février 2019.
Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, le 4 février 2019. (RADIO FRANCE / FRANCE INTER)

Jean-Yves Le Drian estime à "un peu plus de 100" le nombre de ressortissants français liés au groupe terroriste Etat islamique et actuellement retenus en Syrie, qui pourraient être rapatriés en France. Pour le ministre des Affaires étrangères, invité lundi 4 février sur France Inter, l'objectif est d'éviter la "dispersion", qui est un "risque majeur" en cas de retrait des Etats-Unis de Syrie. Il a également appelé à ne pas "se focaliser" sur cette centaine de personnes, alors que d'autres jihadistes français sont encore dans la nature en Syrie.

Nous n'en avons pas fini avec ce jihadisme-là, qui a tué dans notre pays et sur lequel il faut être très vigilant.Jean-Yves Le Drianà France Inter

Selon Jean-Yves Le Drian, la position de la France à l'égard de ces jihadistes de nationalité française n'a "pas changé". D'ailleurs, elle apparaît toujours plus complexe en Syrie qu'en Irak, où des institutions judiciaires existent. Rapatrier ces Français en France serait, dans le cas de la Syrie, le seul moyen d'éviter leur "dispersion" en cas de retrait des Américains du pays, car "il n'y a pas vraiment d'Etat et il n'y a pas vraiment d'autorités judiciaires".

"Nous devons nous préparer à tout pour éviter la dispersion, parce que c'est ce qu'il y a de pire. Il faut être très vigilant", a martelé le ministre des Affaires étrangères, qui a souligné que bien d'autres jihadistes français combattaient encore en Syrie dans les zones où les combats se poursuivent.

"Vous avez une bombe à retardement dont on parle peu, qui est la zone d'Idlib, plus à l'ouest de la Syrie, où se retrouvent au milieu d'une population de plus de trois millions de personnes avec beaucoup de réfugiés, 30 à 40 000 combattants - certains dans des groupes jihadistes, d'autres non - où il y a aussi des Français. Donc on n'en a pas fini avec le jihadisme", a alerté Jean-Yves Le Drian.