Cet article date de plus de huit ans.

Nouvelles colonies : "Netanyahu montre à Obama qu'il résistera aux pressions"

Israël a relancé un ancien projet de construction de 1 600 logements dans une colonie de Jérusalem-Est. L'analyse de Charles Enderlin, correspondant de France 2 à Jérusalem.

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Manifestation sur la colline de la colonie E-1, située entre Jérusalem (Israël) et la Cisjordanie, le 9 décembre 2007. (MENAHEM KAHANA / AFP)

PROCHE-ORIENT - Après l'annonce, samedi, de sa volonté de construire 3 000 logements supplémentaires dans des colonies à Jérusalem et en Cisjordanie, Israël enfonce le clou. Le ministre de l'Intérieur israélien a fait connaître, lundi 3 décembre, l'intention de l'Etat hébreu de relancer la construction de 1 600 autres logements à Ramat Shlomo, à Jérusalem-Est. 

La communauté internationale condamne unanimement cette décision. Même les Etats-Unis ont fait savoir leur désaccord avec le Premier ministre, Benyamin Netanyahu. Mais ce n'est pas une première. En mars 2010, le même projet avait déclenché une grave crise entre Jérusalem et Washington. L'analyse de Charles Enderlin, correspondant de France 2 à Jérusalem. 

Francetv info : Après l'annonce de la relance d'un projet de colonie par Israël, les réactions internationales sont unanimement fermes. Pourquoi ?

Charles Enderlin : Les projets de colonisation, annoncés en représailles à l'admission de la Palestine comme Etat observateur non membre à l'ONU, concernent notamment la construction d'un nouveau quartier juif à l'est de Jérusalem. Appelé E1, ce site se trouve entre la grande colonie Maalé Adoumim, sur la route menant à Jéricho en Cisjordanie, et terminerait l'encerclement des quartiers arabes de Jérusalem. De fait, cela couperait la Cisjordanie en deux et empêcherait ainsi la création d'un Etat palestinien viable...

Depuis une quinzaine d'années, les Européens et surtout les différentes administrations américaines font pression sur Israël pour que le chantier ne démarre pas. Pour la communauté internationale, le message qu'envoie à présent Benyamin Netanyahu signifie l'échec du processus de paix. C'est la raison pour laquelle les condamnations et les pressions accompagnées de menaces de Paris, Londres, Madrid, La Haye ou encore Washington sont unanimes. 

Netanyahu envoie-t-il un message de campagne ? Une réponse au vote de l'ONU ?

C'est tout cela ! Benyamin Netanyahu n'arrête pas sa politique de colonisation car c'est un de ses objectifs. Un ministre m'a récemment rappelé que ce gouvernement de droite n'avait pas été formé pour créer un Etat palestinien. Nous sommes en période électorale, le message qu'il envoie est donc destiné à faire le plein des voix à l'extrême droite.

C'est aussi une réponse à l'ONU, à la communauté internationale. Pour Israël, la Cisjordanie n'est pas un territoire occupé mais un "territoire disputé". Et Jérusalem est unifiée sous la souveraineté unilatérale d'Israël. Tant pis si cela ne plaît pas au reste du monde. Enfin, c'est un message à l'administration Obama : ce faisant, Netanyahu lui annonce qu'il résistera à toutes les pressions.

Est-ce un nouveau point de blocage, ou une solution sur ce point précis est-elle possible?

A l'heure actuelle, aucune négociation n'est en vue.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.