Mort de Yasser Arafat : les experts français écartent la thèse de l'empoisonnement

D'autres rapports récents avaient révélé la présence de quantités anormales de polonium-210 sur la dépouille de l'ancien leader palestinien.

Des Palestiniens rendent hommage à Yasser Arafat à l\'occasion du neuvième anniversaire de sa mort, le 11 novembre 2013, à Jérusalem (Israël).
Des Palestiniens rendent hommage à Yasser Arafat à l'occasion du neuvième anniversaire de sa mort, le 11 novembre 2013, à Jérusalem (Israël). (SAEED QAQ / ANADOLU AGENCY / AFP)

Pour les enquêteurs français, la mort de Yasser Arafat est naturelle. Les experts mandatés par la justice française pour enquêter sur le décès de l'ancien président de l'Autorité palestinienne, mort en 2004 à l'âge de 75 ans près de Paris, écartent la thèse d'un empoisonnement. Une source proche du dossier a confirmé, mardi 3 décembre, cette information donnée plus tôt par France Inter

Souha Arafat, la veuve de l'ancien dirigeant palestinien, a déposé plainte contre X pour assassinat, en juillet 2012 à Nanterre (Hauts-de-Seine), après la découverte de polonium, une substance radioactive, sur des effets personnels de son mari. Les juges d'instruction ont alors ordonné l'exhumation de la dépouille du dirigeant. Une soixantaine d'échantillons, prélevés sur le corps, ont été répartis entre trois groupes d'enquêteurs, suisses, français et russes. Chaque équipe a réalisé un travail d'analyses de son côté, sans contact avec les autres.

Trois rapports aux conclusions différentes

Le rapport français va dans le sens d'une mort naturelle. Une conclusion qui diverge de celle des scientifiques suisses, révélée début novembre. Ces derniers ont mesuré des quantités de polonium-210 jusqu'à 20 fois supérieures à ce qu'ils ont l'habitude de voir. Ils semblaient ainsi conforter la thèse de l'empoisonnement, sans pouvoir toutefois l'affirmer catégoriquement. 

L'expertise russe, de son côté, est restée plus prudente, concluant à l'impossibilité de déterminer si le polonium est la cause de la mort. Après la divulgation des rapports suisse et russe, le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a demandé la formation d'une commission d'enquête internationale.

Les Palestiniens sceptiques

Le neveu de Yasser Arafat, Nasser al-Qidwa, a exprimé son scepticisme sur le rapport français. Un responsable palestinien proche du dossier a ajouté : "S'ils disent, dans ce rapport, qu'Arafat est mort de causes naturelles, pourquoi ne l'ont-ils pas dit dès 2004 ?" Le rapport d'hospitalisation français de 2004 faisait en effet état d'une inflammation intestinale d'"allure infectieuse" et de troubles de la coagulation "sévères", mais n'élucidait pas les causes de la mort.

Nombre de Palestiniens continuent de soupçonner Israël d'avoir empoisonné Yasser Arafat, avec des complicités dans son entourage. De son côté, Israël a toujours nié la moindre implication. Au sujet du rapport français, le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères a jugé que les conclusions n'étaient "pas une surprise".