Liban : colère et blocages après la désignation d'un nouveau Premier ministre

Les manifestants reprochent au nouveau Premier ministre, sunnite, d'être soutenu par le mouvement chiite du Hezbollah.

Des manifestants libanais bloquent une route dans la ville de Tripoli (Liban), dans le nord du pays, le 20 décembre 2019.
Des manifestants libanais bloquent une route dans la ville de Tripoli (Liban), dans le nord du pays, le 20 décembre 2019. (AFP)

Des manifestants bloquent, vendredi 20 décembre, plusieurs axes routiers au Liban pour dénoncer la désignation d'un Premier ministre soutenu par le mouvement chiite du Hezbollah. Agé de 60 ans, Hassan Diab, universitaire et ancien ministre de l'Education peu connu du grand public, a été désigné, jeudi, au terme d'un vote lors de consultations parlementaires menées par le chef de l'Etat, Michel Aoun, conformément à la Constitution.

Sa nomination a été soutenue par le Hezbollah et ses alliés, dont le parti du président, mais n'a pas recueilli le soutien du principal bloc parlementaire sunnite du pays, présidé par le Premier ministre sortant Saad Hariri. La désignation de Hassan Diab, qui se présente comme indépendant et "technocrate", intervient deux mois après le début, le 17 octobre, d'un mouvement de contestation inédit contre la classe dirigeante ayant entraîné 12 jours plus tard la démission de Saad Hariri.

Appuyé par le Hezbollah chiite

Hassan Diab, cité par la chaîne de télévision allemande Deutsche Welle, a promis de "former un gouvernement de technocrates indépendants (...) qui ne ressemble pas aux anciens gouvernements", comme l'exigent les contestataires. Mais sa nomination n'a pas calmé la rue : bien que sunnite lui-même, Hassan Diab n'a pas le soutien de sa communauté, qui lui reproche d'être appuyé par le Hezbollah chiite.