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La justice française ouvre une enquête sur le patrimoine de l'oncle d'Al-Assad

Cela fait suite à une plainte de deux associations anticorruption, qui soupçonnent Rifaat Al-Assad d'avoir amassé illégalement un énorme patrimoine, notamment des immeubles à Paris.

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Rifaat Al-Assad, oncle du président syrien, à Paris, le 15 novembre 2011. (MICHEL EULER / AP / SIPA)

Il est soupçonné d'avoir amassé grâce à la corruption un "patrimoine extraordinaire". Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire sur les biens immobiliers français de Rifaat Al-Assad, un oncle du président syrien, rapporte lundi 30 septembre une source judiciaire.

Cette enquête fait suite à une plainte déposée le 13 septembre par les associations anticorruption Sherpa et Transparency International France (TIF). Elles évoquent, parmi ses propriétés françaises, un hôtel particulier et "plusieurs dizaines d'appartements" dans le 16e arrondissement de Paris, ainsi qu'un domaine de 45 hectares dans le Val-d'Oise

Un statut de paria en Syrie

Agé de 66 ans et ancien pilier du régime, Rifaat Al-Assad est en rupture de ban avec Damas depuis 1984. Frère cadet de Hafez Al-Assad, le père du président actuel, il s'est illustré à la tête des Brigades de défense dans la répression des Frères musulmans. Il est notamment accusé d'avoir, en 1982, lancé ses troupes à Hama (nord de la Syrie) pour mettre fin à une révolte des islamistes sunnites. Cette répression a fait entre 10 000 et 25 000 morts, selon les estimations.

En 1983, celui qui est alors considéré comme un successeur potentiel de Hafez Al-Assad tente un coup d'Etat, ce qui lui vaut d'être placé en résidence surveillée. Il part ensuite en exil, qu'il partage entre Londres et Paris. Mais ce statut de paria et le fait qu'il ne soit pas concerné par le gel des avoirs et l'interdiction de voyager ordonnés par l'Union européenne et qui frappent certains hauts dignitaires syriens ne l'exonèrent pas de tout soupçon de corruption aux yeux de TIF et Sherpa.

Ces associations relèvent notamment que Rifaat Al-Assad "n'a aucune activité professionnelle répertoriée". Or, sa fortune "se calcule en milliards d'euros", affirment-elles dans leur plainte.

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