"Nous sommes un peuple de martyrs" : à Gaza, le retour à la vie après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu

Une trêve fragile est en place en Israël et à Gaza, où franceinfo a pu se rendre, après les derniers bombardements particulièrement violents dans le territoire palestinien.

Article rédigé par
Frédéric Métézeau - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1 min.
Un enfant à Gaza, le 21 mai 2021. (EMMANUEL DUNAND / AFP)

"J’espère que ça va tenir… Je suis plus détendue, mais encore inquiète. On a eu des journées très violentes, horribles, effrayantes." Zaineb n’avait pas roulé dans Gaza depuis près de deux semaines. Aujourd’hui en voiture, elle redécouvre le territoire à la faveur du cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, après 11 jours de bombardements. "Tu as toujours peur, tu t’attends toujours au pire, Dieu merci, les bombardements sont terminés, on ne va plus entendre les explosions, les drones, les bateaux de guerres tirer lourdement en direction de notre littoral."

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La plage est bondée en ce vendredi estival, c’est jour de repos, les seuls affrontements opposent des joueurs de football. Nora contemple ses enfants sur le sable : "Nous vivons dans une torture permanente, à force tout devient normal. Donc, dès que nous apercevons une lueur d’espoir, nous profitons de la vie. Ces derniers jours ont été terribles. Mais nous, les mères, nous sommes fortes, et nous devons le rester pour nos enfants."

"Mes enfants sont encore petits. Durant les bombardements, l’un me prenait la main, l’autre s’accrochait à ma jambe et un autre encore venait dormir sur mon visage."

Nora, une habitante de Gaza

à franceinfo

La journée est douce, mais Abdjelmadjid s’énerve. Du doigt, il pointe le ciel : "Ici grâce à Dieu, notre bonheur est entre nos mains. Même si la guerre devait durer des années, nous serions quand même heureux. Nous sommes un peuple de martyrs. Nous pourrions encore vivre 20 ans sous blocus. Nous ne craignons pas la mort, nous surmontons toutes les difficultés. On fait face. Dieu nous accordera la victoire."

Pour Zaineb, la victoire serait un retour à la vie d’avant : "J’espère que tout ira mieux, j’espère que ces gens déplacés rentreront chez eux, qu’on leur trouvera une solution. J’espère que la reconstruction débutera très bientôt. Gaza a été détruite plusieurs fois, je ne sais pas combien de temps cela prendra pour que tout revienne comme avant." En bord de plage, une partie de la promenade a été défoncée par un bombardement récent. Mais d’autres ruines datent de la guerre précédente, il y a bientôt sept ans.

Retour à Gaza après les bombardements - le reportage de Frédéric Métézeau
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