L'Union européenne réclame l'étiquetage des produits en provenance des colonies israéliennes

La Commission européenne assure mercredi qu'il s'agit d'une mesure "technique et non politique".

Un graffiti appelle au boycott d\'Israël à Bethléem, en Cisjordanie, le 5 juin 2015.
Un graffiti appelle au boycott d'Israël à Bethléem, en Cisjordanie, le 5 juin 2015. (THOMAS COEX / AFP)

Une "mesure discriminatoire" pour Israël, une "décision technique" pour l'Union européenne. Mercredi 11 novembre, la Commission européenne a demandé aux 28 Etats membres de mettre en œuvre l'étiquetage des produits originaires des colonies israéliennes, indique un communiqué (en anglais).

La décision, contestée et reportée à plusieurs reprises, a été adoptée lors d'une réunion du collège des commissaires européens à Bruxelles. Pour le moment, les produits des colonies israéliennes sont étiquetés comme fabriqués en Israël, précise Le Monde.

"Cela renforcera ceux qui dénient à Israël le droit d'exister"

Israël a immédiatement condamné cette décision et accuse l'Union européenne d'avoir pris une "mesure discriminatoire", à des fins politiques, et de compliquer la recherche de paix avec les Palestiniens. "L'étiquetage renforcera les éléments radicaux qui soutiennent le boycott d'Israël et dénient à Israël le droit d'exister", a déclaré Emmanuel Nashon, porte-parole des Affaires étrangères israélien. En effet, le gouvernement de Benyamin Nétanyahou craint que cette mesure ne "soutienne et encourage" le mouvement international BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) contre l'Etat hébreu.

A Bruxelles, le vice-président de l'exécutif européen, Valdis Dombrovskis, a assuré prendre "une mesure technique, pas une prise de position politique", et a rappelé que l'UE ne soutenait "aucune forme de boycott ou de sanctions contre Israël".

Les produits visés représentent "2 à 3%" des exportations israéliennes vers l'Union européenne, soit "187 millions d'euros" chaque année, a précisé le chef de la mission israélienne auprès de l'Union européenne à Bruxelles, David Walzer.