Guerre entre Israël et le Hamas : à Rafah, la menace d'une offensive israélienne fait craindre un "massacre énorme" chez les réfugiés gazaouis

L'armée israélienne a intensifié jeudi ses frappes sur la ville frontalière avec l'Egypte, où sont pourtant réfugiés un très grand nombre de personnes qui ont fui les combats au Nord.
Article rédigé par France Info
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Des passants dans une rue de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, dont les bâtiments ont été détruits par un bombardement israélien, en février 2024. (MOHAMMED ABED / AFP)

Malgré les avertissements, Benyamin Nétanyahou va-t-il suivre son plan ? L'armée israélienne bombarde vendredi 9 février la ville Rafah, au sud de Gaza où s'entassent plus d'un million de Palestiniens déplacés par la guerre, faisant craindre un "désastre" humanitaire de son allié américain qui juge "excessive" sa riposte contre le Hamas.

Le Premier ministre israélien a en effet demandé à son armée de se tenir prête en vue d’une offensive terrestre dans cette ville de l’extrême sud de l’enclave palestinienne frontalière de l’Égypte, devenue le dernier refuge des personnes déplacées par les combats ces dernières semaines. Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken, qui a conclu une tournée régionale visant à encourager les efforts pour obtenir une trêve, a exhorté Israël à "protéger" les civils dans ses opérations.

Or, plus d'un million de Gazaouis sont désormais piégés entre l'armée israélienne, la mer Méditerranée et une frontière avec l'Egypte totalement fermée. Nabil, un journaliste réfugié à Rafah, confie à franceinfo l'angoisse qui monte d'heure en heure parmi la population : "À chaque fois, dans la rue, on entend les gens se demander s'il y aura une trêve, ce que disent les dernières rumeurs... Mais ces derniers trois jours, les bombardements ont commencé. Et personne ne sait exactement ce qui va se passer."

"J'espère qu'il n'y aura pas une incursion sur Rafah"

Les habitants, livrés à eux-mêmes, n'ont nulle part où aller. Fuir vers le nord, c'est la certitude de traverser des zones de combats incessants. Quant à la frontière avec l'Egypte, elle est verrouillée. Avant de lancer l'assaut, Israël devra donc convaincre le gouvernement égyptien d'accepter un déplacement massif sur son sol, ce qui est loin d'être acquis. En attentant, les Gazaouis s'entassent toujours plus nombreux dans des camps de fortune. "Ici, les tentes s'installent sur la plage, dans les quartiers qui se trouvent sur la frontière. J'espère qu'il n'y aura pas une incursion sur Rafah. Parce que le massacre va être énorme", alerte Khaled, ancien employé de l'ONG Médecin du Monde.

Adossés à la frontière égyptienne des centaines de milliers de Gazaouis sont prêts à forcer le passage en direction du désert du Sinai qui appartient à l'Egypte. Leur seul espoir : que Benyamin Nétanyahou renonce à attaquer Rafah.

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