Gaza : une nouvelle trêve de 72 heures conclue au Caire entre Israéliens et Palestiniens

Elle doit débuter à minuit. 

De la fumée s\'élève de la ville de Gaza après une frappe de l\'armée israélienne, peu avant le coucher du soleil, dimanche 10 août 2014. 
De la fumée s'élève de la ville de Gaza après une frappe de l'armée israélienne, peu avant le coucher du soleil, dimanche 10 août 2014.  (MAJDI FATHI / NURPHOTO / AFP)

Un nouveau cessez-le-feu de 72 heures doit commencer à minuit dans la bande de Gaza. Israël ainsi que le Hamas ont accepté la proposition égyptienne, dimanche 10 août. La trêve doit permettre de favoriser des négociations indirectes, par le biais de l'Egypte, entre Israéliens et Palestiniens sur un arrêt durable des hostilités dans la bande de Gaza. 

Selon le ministère égyptien des Affaires étrangères, le cessez-le-feu de 72 heures doit entrer en vigueur lundi à 00h01, heure locale. Francetv info revient sur les conditions dans lesquelles s'ouvre cette nouvelle trêve. 

Le résultat d'un bras de fer tendu 

On ignore les termes du cessez-le-feu provisoire, mais une chose est sure, les deux camps se sont livré un bras de fer à distance tendu avant d'accepter ce cessez-le-feu. Israël et une délégation composée du Hamas qui contrôle la bande de Gaza, mais aussi de son allié du Jihad islamique ainsi que du Fatah menaient depuis des jours d'intenses pourparlers pour instaurer une trêve dans les combats qui ont dévasté la bande de Gaza depuis le 8 juillet.

Israël et le Hamas ont engagé ces discussions avec des exigences apparemment inconciliables : Israël accusait le Hamas d'avoir rompu la précédente trêve, terminée trois jours plus tôt, en reprenant ses tirs de roquettes et que le Hamas accusait Israël de refuser d'accéder à des exigences palestiniennes fondamentales, comme la levée du blocus imposé depuis 2006 à la bande de Gaza. 

"Israël ne négocie pas sous les tirs", avait notamment prévenu le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors de la réunion hebdomadaire du gouvernement, alors que les attaques se poursuivaient dimanche matin. 

Pour le Hamas, pas de trêve durable sans levée du blocus

Mais rien n'est acquis sur le long terme. Toute trêve durable doit déboucher sur une levée du blocus de Gaza, a déclaré dans la foulée de cette annonce le chef du Hamas, Khaled Mechaal, dans une interview à l'AFP. Si le cessez-le-feu de 72 heures, conclu avec Israël, "est l'un des moyens ou des tactiques destinés à faire réussir les négociations ou acheminer l'aide humanitaire", il rappelle la requête du Hamas : "que les demandes palestiniennes soient satisfaites et que la bande de Gaza vive sans blocus", a-t-il ajouté, depuis Doha, au Qatar où il est exilé. 

"Cet objectif, nous y insistons et en cas d'atermoiement d'Israël et de poursuite de l'agression, le Hamas et les autres factions palestiniennes sont prêts à résister sur le terrain et sur le plan politique et (...) faire face à toutes les éventualités", a-t-il poursuivi.

Israël veut atteindre son objectif : ramener le calme

"Bordure protectrice", l'offensive israélienne, se poursuivra "jusqu'à ce que son objectif soit atteint: ramener le calme [en Israël] pour une longue période", a réaffirmé dimanche Benyamin Nétanyahou. "A aucun moment, nous n'avons dit qu'elle était terminée", a-t-il insisté en réclamant de la "patience" de la part des Israéliens.

Fort de l'ultra-majoritaire soutien de son opinion à la guerre, le Premier ministre israélien a fait assaut d'intransigeance dans ses déclarations publiques, refusant de paraître lâcher quelque chose au Hamas. Il s'est en même temps déclaré prêt à voir l'Autorité palestinienne, plus modérée, jouer un rôle.