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Gaza : la riposte israélienne est-elle disproportionnée ?

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Gaza : la riposte israélienne est-elle disproportionnée ?
FRANCE 3
Article rédigé par
France Télévisions

Depuis un mois, de nombreux Palestiniens ont été blessés par des tirs de l'armée israélienne dans des manifestations le long de la barrière entre Gaza et l'État hébreux. Pour beaucoup d'observateurs, les tirs à balles réelles sont disproportionnés.

Tous les matins, dans la clinique de Médecins sans frontières à Gaza, ils sont plusieurs dizaines à se présenter pour recevoir des soins, "en majorité des blessés par balles". Ces hommes ont tous été blessés par l'armée israélienne lors des manifestations qui se tiennent chaque vendredi depuis un mois le long de la barrière entre Gaza et Israël. L'État hébreu affirme que tous ceux qui ont été visés tentaient d'attaquer la frontière. La plupart des blessés affirment qu'ils manifestaient pacifiquement à bonne distance. Deux versions, mais une certitude pour les médecins : les blessures sont particulièrement graves.

1 700 blessés par balles

Les blessures constatées sont semblables à celles vues en Syrie ou en Irak, mais le nombre de civils blessés en quelques jours est plus rare, selon un médecin belge. En un mois plus de 3 000 personnes ont été blessées dont 1 700 par balles . Deux fois sur trois, ce sont les jambes qui étaient visées. À l'hôpital central de Gaza, le médecin-chef s'est fait une conviction : les soldats visent les genoux, la partie du corps la plus difficile à réparer. "Ils visent avec la volonté de faire des manifestants des handicapés à vie", affirme le docteur Marwan Abu Sada. À Jérusalem, une organisation de défense des droits de l'homme a mené une enquête. Selon elle, 35 des 40 personnes tuées à Gaza étaient désarmées. Elle demande aux soldats de désobéir aux ordres. "Utiliser des armes létales contre des manifestants désarmés est une violation de la loi", estime Gay El-Ad de l'ONG B'Tselem.

Pourtant, l'usage de la force serait obligatoire selon un colonel de réserve de l'armée israélienne. Les autorités accusent les islamistes du Hamas d'instrumentaliser cette contestation pour mener des attaques terroristes. Après une nouvelle journée meurtrière vendredi 27 avril, l'ONU a condamné ces tirs considérés comme une réponse disproportionnée aux manifestations le long de la frontière.

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