Iran : l'ancien président Rafsandjani écarté de la course à la présidence

L'ex-chef d'Etat modéré, considéré comme un des favoris à la succession de Mahmoud Ahmadinejad, a été disqualifié, pour des raisons inconnues, par le Conseil des gardiens de la constitution.

L\'ancien président Akbar Hachemi Rafsandjani, à Téhéran (Iran), le 6 mars 2012.
L'ancien président Akbar Hachemi Rafsandjani, à Téhéran (Iran), le 6 mars 2012. (RAHEB HOMAVANDI / REUTERS)

C'est la télévision d'Etat, citant le ministère de l'Intérieur qui l'a annoncé mardi 21 mai. L'ex-président modéré Akbar Hachémi Rafsandjani et Esfandiar Rahim Mashaïe, deux des principaux candidats à l'élection présidentielle iranienne, n'ont pas été autorisés à participer au scrutin du 14 juin. Ils ne font pas partie de la liste de huit noms retenus par le Conseil des gardiens de la constitution, chargé de valider les candidatures. En revanche, les raisons de ces évictions n'ont pas été précisées.

Rafsandjani, un "déviationniste" trop libéral

Les deux hommes peuvent entamer un recours auprès du Guide suprême de la République islamique, l'ayatollah Ali Khamenei, seul habilité à désavouer les décisions du Conseil des gardiens de la constitution. "Je considère ma disqualification comme une injustice et je vais essayer de la réparer en faisant un recours auprès du Guide suprême", a réagi Esfandiar Rahim Mashaïe, un proche de l'actuel président Mahmoud Ahmadinejad. L'entourage de Akbar Hachémi Rafsandjani avait indiqué avant l'annonce de sa disqualification que l'ex-président modéré se plierait aux décisions du Conseil.

Les deux hommes étaient les bêtes noires des ultraconservateurs, qui réclamaient leur éviction. Ils reprochent à Rafsandjani son soutien aux manifestations après la réélection controversée de Mahmoud Ahmadinejad en juin 2009. Esfandiar Rahim Mashaïe est pour sa part qualifié de "déviationniste", cherchant à promouvoir un "islam iranien", et jugé trop libéral sur des questions sensibles comme le port du voile.

Des candidats majoritairement conservateurs

Les candidats retenus appartiennent en majorité au camp conservateur, dont l'ex-chef de la diplomatie de1981 et 1997, Ali Akbar Velayati, et le maire de Téhéran Mohammad Bagher Ghalibaf, ainsi que le négociateur en chef du dossier nucléaire, Saïd Jalili, ou encore l'ancien président du Parlement Gholam Ali Haddad-Adel et Mohsen Rezaï, ancien responsable des Gardiens de la révolution, l'armée d'élite du régime, qui avait déjà été candidat en 2009.

La liste est complétée par les conservateurs modérés Hassan Rohani, négociateur du dossier nucléaire de Téhéran sous la présidence du réformateur Mohammad Khatami entre 1997 et 2005) et Mohammad Gharazi, ancien ministre de Rafsandjani. Le camp réformateur n'aura qu'un prétendant, Mohammad Reza Aref, ancien ministre des Télécommunications de Mohammad Khatami. La campagne électorale débutera officiellement vendredi 24 mai, pour se terminer le 13 juin.