Macron au Kurdistan Irakien : les Kurdes "sont nos meilleurs alliés contre Daech", estime l'écrivain Patrice Franceschi

Pour ce compagnon de route du peuple kurde, les abandonner "comme on l'a fait en Syrie en 2019" serait "une faute politique".

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Radio France
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Le président français Emmanuel Macron et son homologue de la région irakienne autonome du Kurdistan Nechirvan Barzani lors de l'arrivée officielle du Français à l'aéroport d'Arbil au Kurdistan le 29 août 2021. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Patrice Franceschi écrivain, compagnon de route du peuple kurde, a estimé dimanche 29 août sur franceinfo qu’Emmanuel Macron "tente de reprendre la main après la déculottée de Kaboul" en se rendant en Irak. Le chef de l’État est dimanche au Kurdistan irakien pour soutenir les Kurdes qui ont été en première ligne dans la lutte contre Daech. Selon lui, les Kurdes "sont nos meilleurs alliés contre Daech", par conséquent, "les abandonner comme on l'a fait en Syrie en 2019", serait "une faute politique".

franceinfo : Cette visite du président français est-elle importante pour les Kurdes ?

Patrice Franceschi : Elle est essentielle. Il ne faut pas oublier que le tropisme pro-kurde du président de la République date depuis le début de son mandat. Il a énormément fait de choses pour eux, notamment pour les Kurdes de Syrie. Ici, il tente de reprendre la main après la déculottée de Kaboul et de faire en sorte que désormais, la lutte contre Daech se poursuit. Mais le plus essentiel de ce qu'il a dit, c’est l’acte de souveraineté. Il faudra voir ensuite, entre la parole et les actes, ce qui se passera. C'est un discours de souveraineté tout à fait nouveau dans le discours français. Parce que s'il a un tropisme pro-kurde, ses diplomates en général ont plutôt un tropisme pro-turc.

Comment aider concrètement les Kurdes de la région ?

Déjà, il ne faut pas laisser la place aux Turcs et à leurs alliés jihadistes, c'est important. Donc, il ne faut pas que notre dispositif sécuritaire et militaire s'en aille, diminue. Évidemment, ce sera compliqué sans les Américains. Mais c'est à nous, dans notre volonté politique de nous défendre, de faire en sorte que notre capacité opérationnelle soit déployée. Une présence constante sur le temps long. Quand on compare avec ce qui se passe en Afghanistan ou au Sahel, ce n'est pas une guerre lointaine et exotique qui ne concernerait que les souffrances des gens qui sont là-bas. Nos intérêts sécuritaires sont immédiatement en jeu. Nous étions dans le reflux, surtout à cause des Américains. Emmanuel Macron reprend la main et c'est très bien. Avec sa décision de rester en Afghanistan, même si les Américains partent, qui est une première, va inciter les Américains à rester eux aussi.

Les Kurdes sont-ils importants dans la lutte contre Daech ?

Les Kurdes ne sont pas l'armée afghane. Ils se battent, ils sont sûrs, ils sont fiables. J'en ai vraiment vu la démonstration depuis huit ans que je me suis engagé à leurs côtés. Ce sont nos meilleurs alliés contre Daech et ils connaissent le terrain. Par conséquent, les abandonner comme on l'a fait en Syrie en 2019 est une faute politique pour notre intérêt sécuritaire direct. Il ne faut pas oublier que l'attentat du Bataclan avait été décidé à Raqqa, capitale de l'État islamique en Syrie. Cette situation nous concerne donc directement.

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