En Irak, le pape et l'ayatollah chiite Al-Sistani s'engagent pour la "paix" après une rencontre historique

Le dignitaire de 90 ans est la plus haute autorité pour la majorité des 200 millions de chiites du monde.

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Le grand ayatollah Ali Al-Sistani reçoit le pape François, le 6 mars 2021 à Najaf (Irak). (AFP PHOTO / HO / VATICAN MEDIA)

C'est l'une des rencontres religieuses les plus importantes de l'histoire. Le pape François, chef des 1,3 milliard de catholiques du monde, a été reçu samedi 6 mars pendant près d'une heure à huis clos par le grand ayatollah Ali Al-Sistani, plus haute autorité religieuse de quelque 200 millions de chiites à travers le monde. De nationalité iranienne, le grand ayatollah Al-Sistani se pose depuis des décennies en garant de l'indépendance de l'Irak et dirige une école théologique qui prône le retrait des religieux de la politique (ils doivent seulement conseiller), au contraire de l'école de Qom en Iran.

Le pape argentin de 84 ans avait dit venir en Irak en "pèlerin de paix". En retour, Ali Al-Sistani lui a fait part de son engagement pour la "paix" et la "sécurité" des chrétiens d'Irak. La communauté chrétienne du pays, l'une des plus anciennes au monde, s'est réduite comme peau de chagrin depuis vingt ans. Elle est passée de 1,5 million de membres à quelque 400 000, en raison des violences et de la pauvreté, endémiques dans le pays.

"Nous ne pouvons pas nous taire lorsque le terrorisme abuse de la religion"

Après cette rencontre au sommet dans la ville sainte chiite de Najaf, le pape a entamé le point d'orgue spirituel de son voyage : le pèlerinage à Ur, ville natale d'Abraham selon la tradition, dans le sud de l'Irak, pour prier en faveur de la "liberté" et l'"unité", afin de mettre fin aux guerres et au "terrorisme". C'est là, déjà, dans cette plaine désertique, que Jean Paul II voulait venir en 2000, avant d'en être empêché par Saddam Hussein.

François est revenu longuement sur les guerres qui n'ont cessé de déchirer l'Irak et le Moyen-Orient depuis des décennies. "Hostilité, extrémisme et violence (...) sont des trahisons de la religion. Et nous, croyants, nous ne pouvons pas nous taire lorsque le terrorisme abuse de la religion", a-t-il lancé en référence à l'organisation jihadiste Etat islamique, qui s'était emparé en 2014 d'un tiers de l'Irak.

Le pape poursuivra son voyage – sous haute protection et en confinement total, du fait de la pandémie de Covid-19 – avec une messe dans une église de Bagdad, sa première rencontre avec les fidèles catholiques d'Irak.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.